Jonathan Soum : « Le rugby m’a appris à ne jamais avoir peur des défis »
Jonathan Soum, talonneur de Pamiers XIII, revient sur la longue et belle carrière et évoque ses envies d’après-rugby.
Jonathan, peux-tu te présenter ?
Je m’appelle Jonathan Soum, j’ai 35 ans depuis quelques jours. Je suis originaire de la région de Carcassonne, où je vis encore aujourd’hui. Je suis quelqu’un de passionné, attaché aux valeurs humaines, au travail, à la famille… et bien sûr au rugby, qui a occupé une immense place dans ma vie pendant toutes ces années.
Pourquoi arrêter maintenant alors que tu es encore en forme ?
On m’a dit : Allez John, une année de plus. Mais honnêtement, le lundi matin, mon corps me rappelle parfois une autre réalité (rires). Après de longues années, de sacrifices et d’engagement, je pense qu’il est simplement temps de passer le relais et de laisser la place.
Mais au-delà du physique, il y a surtout une envie profonde aujourd’hui : profiter des miens. Le rugby m’a énormément apporté, mais il m’a aussi éloigné de beaucoup de moments en famille. Les week-ends, les déplacements, les absences… ce sont aussi eux qui ont fait des sacrifices à mes côtés.
Aujourd’hui, j’ai envie de leur rendre ce temps. Me consacrer pleinement à ma famille, à mon métier d’agent immobilier que j’aime énormément, voyager, créer des souvenirs, vivre des moments simples mais précieux. C’est une nouvelle aventure qui commence.
Quels sont les éducateurs, entraîneurs ou joueurs qui ont marqué ta carrière ?
C’est probablement la question la plus difficile… parce qu’une carrière, ce sont avant tout des rencontres humaines. Et si je commence à citer des noms, j’aurai forcément peur d’oublier des personnes importantes.
Sincèrement, chaque éducateur, chaque entraîneur, chaque personne qui m’a accordé sa confiance a compté dans mon parcours. Un joueur ne grandit jamais seul. Derrière chaque évolution, chaque réussite, il y a des gens qui vous poussent, qui vous conseillent, qui vous font avancer.
Mais s’il y a un joueur qui m’a particulièrement marqué, je dirais Luke Swain. C’était un joueur hors norme, un mec avec quatre poumons, toujours dans l’effort, toujours au service du collectif pendant 80 minutes. Il avait cette exigence et cette mentalité de compétiteur qui m’ont énormément inspiré.
Il a clairement changé beaucoup de choses dans notre groupe et il a été un élément fort dans cette période où nous avons réalisé le doublé. C’est aussi une année où j’ai eu la chance de recevoir une récompense individuelle, forcément, ça laisse des souvenirs particuliers.
As-tu des regrets quand tu regardes en arrière ?
Honnêtement, non. Je n’ai pas de regrets. J’ai fait la carrière que je devais faire, avec mes qualités, mes défauts, mes combats, mes joies et mes blessures aussi.
Bien sûr, quand on est compétiteur, on veut toujours gagner plus, aller plus loin, vivre encore davantage de grands moments. Mais aujourd’hui, avec du recul, je suis surtout fier du chemin parcouru.
J’ai toujours joué avec le cœur, avec l’envie de gagner et de donner le maximum. Et cette mentalité-là, je vais continuer à l’avoir dans ma nouvelle vie professionnelle. Cette envie de se dépasser, elle ne s’arrête pas avec une retraite sportive.
Quelles sont tes envies après le rugby ?
J’ai énormément de projets et d’envies pour la suite. Le rugby m’a appris à ne jamais avoir peur des défis, donc aujourd’hui je veux continuer à construire. J’ai cette ambition de devenir chef d’entreprise, de développer de beaux projets dans l’immobilier et dans la construction. C’est un domaine qui me passionne vraiment.
Mais au fond, ma plus grande envie aujourd’hui, c’est simplement de profiter. Profiter de ma famille, voyager, vivre des moments qu’on repousse parfois. Créer des souvenirs avec les personnes que j’aime.
Et pour terminer, je voulais remercier sincèrement toutes les personnes qui m’ont envoyé des messages et appelé. Ça m’a énormément touché. J’ai même reçu quelques propositions de dernière minute, mais ma décision est prise.
Merci au rugby. Merci à ce sport pour toutes les émotions vécues, pour les rencontres, pour les valeurs qu’il transmet : le respect, le travail, le partage, le dépassement de soi. Ce sont des valeurs qui resteront gravées en moi pour toujours.


