Christopher Lafon : « Une décision mûrement réfléchie, chargée d’émotion, que de tourner cette page »
Christopher Lafon, pilier de Villefranche XIII Aveyron, fait un bilan de sa carrière et évoque l’après-rugby.
Christopher, peux-tu te présenter ?
Je m’appelle Christopher Lafon, je suis né à Villefranche-de-Rouergue et j’aurai bientôt 36 ans. Marié à Naïs, ma compagne de vie, je suis aussi l’heureux papa de deux enfants : Loan, 10 ans, et Ava, 2 ans. En 2024, j’ai concrétisé un projet qui me tenait particulièrement à cœur en créant mon entreprise spécialisée dans le matériel médical.
Pourquoi arrêtes-tu ta carrière maintenant alors que tu as encore quelques années devant toi ?
J’ai choisi de mettre un terme à ma carrière de rugby avant que mon corps ne m’impose lui-même cette décision. Depuis mes débuts en senior à 17-18 ans, ce sport a occupé une place immense dans ma vie, m’apportant des souvenirs forts, des défis et une passion incomparable. Mais aujourd’hui, je ressens que chaque match demande davantage à mon corps, au point qu’il me faut parfois près d’une semaine pour récupérer pleinement.
Le Super XIII exige une rigueur, un investissement et une intensité considérables pour continuer à y prendre du plaisir. Avec mes responsabilités de père, mes deux enfants, et le développement de mon entreprise, il devient de plus en plus difficile de concilier toutes ces exigences. C’est donc une décision mûrement réfléchie, chargée d’émotion, que de tourner cette page, avec fierté pour le chemin parcouru et reconnaissance pour tout ce que le rugby m’a apporté.
Quels sont les éducateurs, entraîneurs, joueurs qui auront marqué ta carrière ?
J’en ai connu plusieurs, oui… des entraîneurs qui m’ont marqué, chacun à leur manière, mais certains ont laissé une empreinte bien plus profonde, presque familiale.
Le premier, c’est Christian Lautrette. Je l’ai connu en cadets, puis dans toutes les catégories, jusqu’à ce qu’il m’entraîne en première. Christian, c’est bien plus qu’un coach. C’est quelqu’un qui s’est investi pour nous comme peu de personnes l’auraient fait. C’est lui qui venait nous chercher la veille des matchs après nos sorties avec les juniors… lui qui veillait sur chacun de nous comme sur ses propres enfants. Et je n’oublie surtout pas Sylvie, sa femme, qui a toujours été là aussi. Tous les deux sont des passionnés immenses, des personnes essentielles dans ma vie. Aujourd’hui encore, je les appelle, je les vois régulièrement… parce que pour moi, ils font tout simplement partie de ma famille.
Ensuite, il y a eu Jérôme Vincent… et toi aussi mon Rach, à cette époque dans le plus beau des clubs. Jérôme, c’est une personnalité que je n’oublierai jamais. Un entraîneur dur, exigeant, mais profondément juste. À 19 ans, il m’a appris une leçon précieuse : porter le maillot et faire partie des 17 sur une feuille de match, c’est un privilège. Une chance immense. Il m’a fait comprendre la valeur de chaque opportunité, bien loin de ceux qui aujourd’hui oublient parfois cette réalité.
Et puis il y a David Collado. Après sept saisons passées au club à ses côtés, de la première à la dernière, il a été celui qui m’a redonné l’amour du rugby à un moment où je l’avais presque perdu. Il est arrivé dans une période où je n’avais plus vraiment la motivation, plus cette flamme. Et pourtant, il a su la rallumer. David a transformé le club, lui a redonné une identité, une ambition, et l’a ramené là où il mérite d’être. Je me souviens encore de ses débuts, je disais à ma compagne : « C’est pas possible, on ne fait plus du rugby, on fait de l’athlétisme ! » On souffrait, on était tous hors de forme, mais avec le recul, ce travail nous a forgés pour la suite. Ce que je retiens de David, c’est avant tout l’homme : droit, juste, honnête. Un entraîneur qui traitait tous ses joueurs de la même manière, peu importe d’où ils venaient. Et pour ça, je le remercie sincèrement.
Au fond, ces hommes-là ne m’ont pas seulement appris le rugby. Ils ont participé à construire l’homme que je suis devenu.
As-tu des regrets quand tu regardes dans le rétro ?
Je n’ai aucun regret, car chaque décision que j’ai prise m’a apporté de magnifiques souvenirs et de superbes moments. Mais s’il devait y en avoir un seul, ce serait de ne pas avoir été champion de France en juniors avec mes amis.
Un mot de conclusion à cette belle carrière ?
Et pour finir, je veux adresser un merci tout particulier à ma femme… Un merci sincère, immense, parce que si j’ai pu vivre toutes ces années de rugby avec autant de passion, c’est aussi grâce à elle. Pendant que moi j’étais absent les mercredis, vendredis et dimanches, c’est elle qui gérait tout, qui assurait à la maison, qui portait énormément sans jamais vraiment compter. Quand on est joueur, pris dans notre passion, on ne réalise pas toujours tous les sacrifices que cela demande à la personne qui partage notre vie… On ouvre souvent les yeux trop tard, parfois en fin de carrière. Alors aujourd’hui, avec beaucoup d’émotion, je veux simplement lui dire merci et que je l’aime. Merci pour sa patience, son soutien, sa force et tout ce qu’elle a donné dans l’ombre. Je lui suis profondément redevable, parce qu’une grande partie de mon parcours, je la lui dois aussi.



Je ne connais pas Christopher LAFON, mais son bilan de carrière est remarquable. Quant à sa conclusion c’est une belle reconnaissance. Bravo et merci Mr LAFON, ça fait du bien de vous lire. Bonne retraite sportive et plein de bonnes choses dans la vie pour vous et votre famille.
Merci à toi Christopher pour tout ce que tu as donné au club sans jamais tricher.Tu dois être un exemple pour de nombreux petits louveteaux.Belle retraite rugdbistique;