Paul Green et les Cowboys : divorce en vue ?
Pour la deuxième année consécutive, les North Queensland Cowboys vont manquer les phases finales. Après le titre en 2015 et une finale en 2017, le club peine à retrouver de sa superbe.
Les médias ont fait peu de cas de la situation pourtant alarmante des Cowboys cette année. Paul Green semble pourtant suivre une trajectoire similaire à celle de Michael Maguire lorsque ce dernier officiait avec les Rabbitohs. Tout d’abord en réussite, avec notamment l’obtention d’un titre obtenu contre Brisbane en 2015, l’équipe des Cowboys marque le pas depuis deux ans. Comme l’actuel coach de Brisbane en son temps, il ne s’agit pas de remettre en cause les compétences d’entraîneur de Green mais plutôt d’insuffler de nouvelles choses à un groupe, notamment en attaque. Pour exemple, lorsque Seibold reprend les rennes des Rabbits en 2017, avec un groupe relativement inchangé, il change diamétralement le système d’attaque et fait grimper le club d’une terne 12ème place à une solide 3e place en 2018.
Principaux griefs à l’encontre de Green ? Son apparent manque d’innovation et son incapacité à faire évoluer ses schémas d’attaque depuis le succès de 2017. Statistique intéressante : les Cowboys, actuels avant derniers au classement NRL, sont également avant derniers si l’on considère la moyenne de points marqués par match. Ils n’ont qui plus est dépassé la barre des 30 points inscrits lors d’une rencontre que 3 fois depuis 2018 ! Un résultat bien loin des standards observés lorsqu’un certain JT était encore le maître à jouer de l’équipe.
À sa décharge, Paul Green connaît une saison mouvementée. Entre décisions arbitrales litigieuses, blessures de joueurs clés et autre licenciement (Ben Barba), il a en effet dû composer. Une fois que l’on a dit cela, il n’en reste pas moins vrai que le niveau actuel de certains joueurs pose question. Sans le nommer, qu’arrive-t-il à Coen Hess ? Jake Granville, Justin O’Neill et Michael Morgan semblent également régresser alors qu’avant de se blesser, Ben Hampton ne semblait également pas tirer la quintessence de son talent. Dans le même temps, Lachlan Coote renaît en Super League. Même constat pour Ethan Lowe, qui a vu sa belle saison avec les Rabbitohs récompensée par une sélection avec le Queensland.

Jake Clifford, talent gâché ? – Crédit : NRL
Pour ne rien arranger à un constat déjà peu flatteur, la gestion humaine de Paul Green est remise en question. Entre déclarations d’anciens joueurs et situations de jeunes à fort potentiel qui ne jouent que ponctuellement, le débat est ouvert. Gideon Gela-Mosby, Corey Jensen ou encore Jake Clifford sont autant de pépites qui semblent peiner à exploser au plus haut niveau. Le dernier homme cité souffrant qui plus est d’un relatif enfermement dans un système de jeu qui ne laisse que très peu de marge à sa créativité.
Autre sujet qui fâche : l’équipe sur le terrain. Green ne fait que très peu confiance aux jeunes issus du cru et a souvent préféré faire jouer des joueurs à des postes qui ne leur sont pas naturels (ex : Hess au centre). Il a qui plus est très longtemps, notamment en 2018, reconduit la même équipe. Équipe qui perdait pourtant week-end après week-end avec des joueurs hors de forme. Tout ceci, une nouvelle fois, en disposant pourtant de jeunes joueurs à fort potentiel.
Enfin, on peut légitimement se poser des questions sur les pertes de Kalyn Ponga, Viliame Kikau, Jahrome Hugues ou encore Brandon Smith ces dernières saisons.
En conclusion, les Cowboys, à l’instar de leur coach, semblent vivre sur des acquis de 2015. Et même s’ils ont participé à la finale de 2017, il semble que cela résulte plus d’un formidable concours de circonstances que d’une saison en tout point aboutie. Si Green demeure aujourd’hui le meilleur entraîneur qu’aient eu les Cowboys à ce jour, il paraît urgent qu’un vent nouveau souffle sur le club.
Guillaume Bergerat


