Enzo Delbé : « La fluidité du jeu et les contacts sont un peu plus libres en Australie »
Enzo Delbé, ancien joueur de Saint-Estève XIII Catalan, est parti en Australie la saison dernière pour signer chez les Herbert River Crushers. Il nous raconte son aventure australienne, a quelques semaines du début de la saison.
Après avoir fait le doublé coupe-championnat en U19, tu as fait tes grands débuts en seniors avec Saint-Estève XIII Catalan en 2022 avec 15 matchs. Que retiens-tu de cette saison ?
Je retiens que des bons souvenirs, ça m’a permis d’acquérir de l’expérience en Super XIII et de beaucoup apprendre dans un championnat avec des exigences.
Ensuite, tu as fait le grand saut en partant jouer en Australie. Comment s’est fait ce projet ?
Ça s’est fait simplement, j’avais le souhait de découvrir le rugby ici en Australie et de partir à deux (avec Enzo Deltheil), ça a facilité la chose.
Quels ont été les relations à ton arrivée avec tes coéquipiers ?
J’ai été tout de suite très bien intégré et ils ont tout fait pour me mettre à l’aise.
Quels ont été les premières différences que tu as trouvées lors des premiers entrainements et matchs là-bas ?
Ça reste du rugby à XIII, mais je dirais que ça se joue sur la fluidité du jeu et les contacts qui sont un peu plus libres.
Est-ce que tu as du changé quelque chose dans ton jeu, ton physique, pour t’adapter au championnat australien ?
Je pense qu’avec l’intensité des matchs, on gagne forcément en condition physique.
Étant donné que les championnats ne sont pas professionnels, en dehors de la NRL, tu n’as pas de contrat de travail. Tu as donc dû travailler en parallèle du projet sportif, car sinon tu ne peux pas garder ton visa trop longtemps, raconte-nous un peu le déroulé d’une semaine classique en pleine saison là-bas.
Je travaille du lundi au vendredi dans un magasin d’alcool en faisant les livraisons du dépôt vers le magasin, et j’ai aussi mon propre business de fruit frais. Ensuite, je m’entraîne avec les Crushers, je vais à la salle de sport et je loue une maison qui est proche de mon travail et du rugby ce qui me facilite la vie.
Que retiens-tu de ta première saison en Australie ?
Une saison où j’ai beaucoup appris et qui m’a permis de me développer.
On sait que de l’autre côté du monde, le visa n’est pas facile au niveau de l’accessibilité. Comment cela se passe pour toi ?
J’ai reçu l’acceptation de ma deuxième année de visa il y a quelques jours, plusieurs mois après en avoir fait la demande.
Tu t’es donc engagé pour une nouvelle saison chez les Crushers, mais avec l’espoir d’intégré l’effectif de Queensland Cup. Explique-nous cette situation ?
Je fais la pré-saison avec les Blackhawks de Townsville qui évoluent en Queensland Cup, je m’entraîne avec eux depuis début novembre. Le lundi, mercredi et vendredi soir, avec comme finalité les matchs de pré-saison dont le premier a été annulé dû aux fortes inondations qu’il y a eues ces derniers jours. On devait jouer les Rabbitohs le 8 février et le deuxième qui est maintenu sera le 22 février à l’extérieur contre Mackay cutters qui évoluent, eux aussi, en Queensland Cup. J’ai l’espoir de continuer de m’entraîner avec le groupe pour le reste de la saison, mais je n’aurai la réponse qu’après les matchs amicaux.
J’ai la chance de m’entrainer avec des joueurs d’expérience comme James Tamou , Kalifa Loa et d’autres, mais aussi dans le staff avec Terry Campese comme entraîneur lui aussi très expérimenté de la NRL ce qui apporte un énorme plus pour mon développement.
Quels sont tes objectifs en partant dans le pays du rugby à XIII, à court, moyen et long terme ?
Actuellement, j’aimerais obtenir un contrat avec les Blackhawks afin d’intégrer la Queensland Cup, ensuite, je veux simplement joueur le plus de matchs possible. Et a long terme, mon plus grand objectif est de devenir professionnel dans un grand championnat.
Ayant porté le maillot bleu, blanc, rouge en catégorie jeune, est-ce que c’est un objectif de le porter en catégorie sénior ?
Bien sûr, ça serait une immense fierté, mais je pense que je dois encore apprendre et progresser avant d’y penser.
Pour ceux qui ne te connaitraient pas, quel style de joueur es-tu ? Et est-ce que tu essaies de calquer ton jeu sur certains joueurs de NRL ou de Super League ?
J’essaye de jouer très proprement avec le plus d’intensité possible, j’essaye de jouer mon rugby sans vouloir être quelqu’un d’autre.
Est-ce qu’il se pourrait qu’on te voie revenir en Europe ? Étant un catalan, porter le maillot des Dragons pourrait être une belle chose pour toi. D’autant plus qu’il y a aussi Toulouse qui évolue en Championship.
J’ai déjà hâte de jouer en France, mais je me sens bien ici et selon le déroulé des choses, je pourrais rester encore quelques saisons. L’idée de jouer aux Dragons Catalans un jour représente beaucoup, mais encore une fois, je pense qu’il me faut beaucoup apprendre avant d’atteindre cet objectif.
Cette saison, ton ancien club de Saint-Estève XIII Catalan font une belle saison, est-ce que tu suis le Super XIII en étant de l’autre côté du globe ?
Oui, je suis, en regardant les matchs en live et content de voir cette belle saison en espérant qu’ils aillent le plus loin possible.
Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour cette saison ?
Bonne chance pour la chaleur !
Merci pour tes réponses, on va suivre tes aventures au sein de la série « Les Français à l’étranger ».


