#3 – 1945 : La reconstruction héroïque du XIII français
Jour après jour, jusqu’à Noël, replongez dans la grande histoire du rugby à XIII, de ses origines à ses héros éternels, avec le calendrier de l’Avent Treize Mondial.
- À ce sujet : Le calendrier de l’Avent Treize Mondial
La guerre est terminée, mais le rugby à XIII français n’avait plus rien. Les clubs avaient été dissous, les stades confisqués ou laissés à l’abandon, et beaucoup de joueurs avaient été dispersés ou traumatisés par le conflit. Pourtant, dès 1945, une poignée d’hommes décide de reprendre le flambeau. Ils n’ont ni argent, ni infrastructures, ni reconnaissance officielle. Mais ils ont quelque chose de plus précieux : la passion.
À Carcassonne, à Villeneuve-sur-Lot, à Lézignan, des bénévoles, des anciens joueurs et même des simples supporters se mettent au travail. On raconte que certains reconstruisaient les poteaux d’en-but à partir de troncs d’arbres, ou cousaient eux-mêmes les maillots avec de vieux tissus. Chaque match était un effort collectif, chaque tournoi une victoire sur l’adversité.
Des figures emblématiques pour guider le renouveau
Parmi ces pionniers, Jean Galia, toujours ardent et charismatique, joue un rôle central. Bien qu’âgé, il parcourt la France pour convaincre les clubs de se relever, négocier la réouverture de terrains et organiser des rencontres. Son énergie et sa vision servent de moteur à toute une génération.
D’autres joueurs, comme Paul Barrière, futur président emblématique de la Fédération, participent activement à la restructuration de la ligue. Ensemble, ils instaurent des règles claires, organisent les championnats et relancent les compétitions internationales. Mais la tâche est titanesque : reconstruire un sport à partir de presque rien exige autant de courage que de créativité.
Une anecdote qui symbolise la résilience
À Villeneuve-sur-Lot, un match inaugural du championnat d’après-guerre est raconté comme légendaire. Les spectateurs, entassés sur les pentes d’un terrain à moitié détruit, viennent avec des chaises et des bancs. Les joueurs, eux, portent des maillots raccommodés, mais le ballon file avec la même intensité que dans les années d’avant-guerre. À la fin du match, alors que la pluie tombe, la foule chante et applaudit, heureuse de voir renaître le rugby à XIII. C’est ce moment, simple, mais puissant, qui symbolise la renaissance du sport en France.
Le rôle des tournées internationales
La reconstruction ne se limite pas aux clubs. Dès 1946, la France organise ses premières tournées internationales depuis l’interdiction de Vichy. Les matchs contre l’Angleterre ou l’Australie sont autant de vitrines pour montrer que le XIII français n’a pas disparu, et que malgré la guerre et l’interdiction, le pays peut rivaliser au plus haut niveau. Ces rencontres permettent aussi de recréer un sentiment d’unité et de fierté nationale autour d’un sport qui, avant tout, appartient au peuple.
Un héritage de courage et de passion
Les héros de l’après-guerre ont laissé une trace indélébile. Leur courage, leur persévérance et leur créativité ont permis au rugby à XIII français de renaître de ses cendres. Les clubs que nous connaissons aujourd’hui, des plus petits aux plus historiques, portent encore cette mémoire : celle d’un sport qui survit grâce à l’énergie de ses passionnés, qui se joue avec le cœur et qui résiste aux épreuves du temps.
Aujourd’hui, chaque match, chaque essai et chaque victoire est un hommage à ces pionniers qui ont littéralement rebâti le rugby à XIII à mains nues. Leur exemple montre que la force d’un sport ne réside pas seulement dans ses règles ou ses trophées, mais dans la passion et la détermination de ceux qui le portent.



Bravo pour vos articles et surtout bravo et merci a ces pionniers qui on eu le courage de se rebellé afin de faire revivre ce sport majestueux.
Tous ces articles me rendent nostalgique. Une chose qu’on ne pourra jamais nous enlever c’est l’histoire extraordinaire de notre sport , avec ses hauts et malheureusement ses bas . Treiziste un jour treiziste toujours .