#1 – 1934 : Jean Galia, le jour où le rugby à XIII est né en France
Jour après jour, jusqu’à Noël, replongez dans la grande histoire du rugby à XIII, de ses origines à ses héros éternels, avec le calendrier de l’Avent Treize Mondial.
- À ce sujet : Le calendrier de l’Avent Treize Mondial
Tout commence en 1934. Fatigué des injustices du rugby à XV, un ancien international français, Jean Galia, décide d’importer en France un nouveau sport, venu du Nord de l’Angleterre : le rugby à XIII. En quelques mois, un mouvement populaire et sportif sans précédent va naître.
À cette époque, le rugby à XV est figé dans l’amateurisme. Les joueurs ne peuvent pas être rémunérés, sous peine d’exclusion, même s’ils perdent leur emploi à cause des déplacements ou des blessures. Et le XV de France est exclu du tournoi, soupçonné justement de professionnalisme dissimulé et de violence. De 1932 à 1939, les Français doivent se contenter de rencontres face à l’Allemagne nazie (9), l’Italie fasciste (1) et la Roumanie (1).
En Angleterre, cette problématique avait déjà provoqué une rupture : en 1895, les clubs du nord industriel avaient créé la Rugby League, un sport plus rapide et ouvertement professionnel. Près de quarante ans plus tard, la France est mûre pour ce changement.
La création des fondations
Jean Galia, rugbyman à XV et aventurier dans l’âme, découvre le rugby à XIII lors d’une tournée en Angleterre. Fasciné par la liberté du jeu, la vitesse des passes et l’esprit ouvrier des tribunes, il revient convaincu que la France doit adopter ce code. Le 6 avril 1934, à Paris, il fonde la Ligue Française de Rugby à XIII. Quelques semaines après, Jean Galia et son équipe prennent le train pour Londres afin de disputer le premier match officiel de rugby à XIII français contre une sélection britannique.
Dans le compartiment, Galia regarde par la fenêtre, songeur. Un journaliste anglais lui demande ce qu’il espère de ce voyage. Il répond simplement :
Que mes gars jouent pour ceux qui n’ont jamais eu le droit de jouer librement.
Le succès arrive rapidement
Très vite, des clubs de tout le sud de la France rejoignent le mouvement : Villeneuve, Carcassonne, Bordeaux, Albi… En moins de deux ans, les terrains se remplissent de curieux et de passionnés. Le rugby à XIII devient le sport du peuple, des villages, des ouvriers, de ceux qu’on ne voyait pas sur les pelouses du XV.
Mais le succès dépasse la simple sphère sportive. Dans une France marquée par les tensions sociales et les fractures politiques de l’entre-deux-guerres, le XIII devient aussi un symbole de liberté et de modernité. Là où le XV incarne la tradition et la hiérarchie, le XIII propose une alternative : le mérite, la vitesse, le collectif.
En 1939, on compte déjà plus de 200 clubs affiliés. L’essor est fulgurant. La France devient, après l’Angleterre, la deuxième grande nation du rugby à XIII en Europe. Et si, dès 1934, le rugby à XIII avait incarné l’esprit véritable du sport français : la liberté et la passion populaire ?




Carcassonne n’est pas venu de suite, seulement en 1938. Déjà la difficulté de maintenir un club dans la capitale malheureusement… Roanne est à citer parmi les transfuges, avec Lyon-Villeurbanne, cote basque et le XIII Catalan (Perpignan). Bordeaux est un peu l’épicentre des instances du mouvement XIII, Toulouse viendra un poil plus tard.
Oui, super rappel et bonne initiative. A développer. J’ajoute que la lutte des classes n’est pas loin quand on regarde l’origine du XIII mais aussi aujourd’hui. Lors de la dernière coupe du monde de XV toute l’équipe de Namibie et l’encadrement sont blancs. l’Afrique du sud a quelques joueurs africains, moins dans l’encadrement et pratiquement pas dans le public alors que dans le foot et le XIII d’Afrique du sud et de Namibie (je sais pas pour le XIII de ce pays) tous les joueurs et l’encadrement sont africains. Et les pauvres,les prolétaires, dans ces pays, c’est qui? Apartheid pas… Lire plus »
super rappel des origines
Bonne initiative 👍🏻