Romain Maillot : « Amener le groupe à son plein potentiel physique et technico-tactique »
Romain Maillot, sélectionneur de l’équipe de France féminine, évoque le premier stage de l’année 2025 et fait un point sur le championnat élite féminin.
Un premier rassemblement a lieu le 1 et 2 mars, comment as-tu choisi les filles présentes à ce stage ?
La sélection des joueuses s’appuie sur plusieurs critères : les stages précédents, le match des origines, les tests physiques réalisés par le responsable de la performance, ainsi que leurs performances du week-end. J’analyse les matchs en vidéo afin d’évaluer leur niveau et j’échange également avec les entraîneurs. Au-delà de ces éléments, la sélection repose également sur la dynamique du groupe et le contexte du stage, notamment les éventuelles absences dues aux blessures, qui peuvent parfois permettre d’observer d’autres joueuses.
Que penses-tu du championnat Elite féminin cette saison ?
Aujourd’hui, deux équipes dominent le championnat depuis plusieurs années : le Racing Club Lescure Arthès XIII et Saint-Estève XIII Catalan. Cependant, l’entente Limoux/Ayguesvives joue de plus en plus les trouble-fêtes, même si elle peine encore à s’imposer. De son côté, le RC Bègles XIII affiche cette année une plus grande régularité en alignant une équipe complète à 13 et en mettant en difficulté ses adversaires directs. Cette évolution est encourageante pour la compétitivité du championnat. Globalement, on constate une progression grâce au travail des clubs. Cependant, tous les matchs ne se sont pas encore joués à 13, et les nombreux reports ou forfaits révèlent encore une certaine fragilité dans la structure du championnat.
Comment faire progresser des filles avec un championnat Elite à 5 équipes en tant que sélectionneur ?
Tout au long de l’année, le développement des joueuses repose principalement sur leur club, en dehors des stages avec l’équipe de France. C’est pourquoi un championnat structuré et compétitif est essentiel. En dehors des stages, en tant que sélectionneur, j’échange régulièrement avec les entraîneurs et managers des équipes élites pour analyser les matchs du week-end et, lorsque nécessaire, proposer des axes de progression pour certaines joueuses suivies. J’effectue également des retours individualisés aux joueuses, en fonction de leurs performances, dans une optique d’amélioration. Mon travail s’appuie donc fortement sur l’analyse vidéo et une communication étroite avec les clubs et les joueuses.
Deux prochaines échéances doivent avoir lieu face à l’Irlande et le Pays de Galles cet été, quels seront les objectifs ?
L’objectif principal est bien sûr la victoire, mais aussi la préparation à la Coupe du monde 2026. Nous allons affronter le Pays de Galles, déjà qualifié, ainsi qu’une équipe en lice pour le dernier billet mondial. Au-delà du résultat, il s’agit de concrétiser tout le travail accompli depuis deux ans afin de continuer à structurer et développer l’équipe de France. Un autre enjeu majeur est l’enchaînement de deux matchs consécutifs, une première pour ce groupe, qui nous permettra d’appréhender ce type de configuration.
Selon toi, qu’est-ce qui est prioritaire pour avoir une équipe de France compétitive en 2026 à la Coupe du monde ?
Ma priorité, avec mon staff et en collaboration avec la fédération, sera d’établir une planification claire et précise pour la saison 2025-2026. L’objectif est d’amener le groupe à son plein potentiel physique et technico-tactique. Idéalement, nous espérons que d’ici la Coupe du monde, les joueuses enchaînent des matchs compétitifs à 13 afin d’être prêtes pour l’échéance.


