Pierre Bonhomme : « Se renforcer était une nécessité »
Pierre Bonhomme, responsable des Déesses Catalanes, évoque l’arrivée des trois joueuses de NRLW et les ambitions pour cette nouvelle saison.
Pierre, peux-tu nous expliquer comment l’idée de faire venir de tels renforts s’est mise en place ? Et comment cela a-t-il été rendu possible ?
Deux de nos joueuses les plus performantes, Justine Roses et Pauline Noé, sont parties en Australie cet été. En juin, une question s’est alors posée : comment remplacer deux talents de ce niveau par des joueuses tout aussi compétitives ? Ce qui paraissait d’abord utopique a peu à peu pris forme, grâce à beaucoup de travail et de détermination.
Nous avons activé tous nos réseaux, ainsi que ceux des Dragons, et rapidement, les choses ont bougé — c’est un club qui attire ! Les présidents Rémi Delherbe et Geoffrey Reiser ont immédiatement soutenu le projet et ont rendu la chose possible. Leur engagement en faveur du développement du rugby féminin ne se limite pas aux mots : ils le prouvent par leurs actes.
Peux-tu nous dire sur quelle période on pourra voir ces joueuses évoluer sur les terrains du championnat d’Élite 1 ?
Deux joueuses poseront leurs valises en décembre, la troisième en janvier. Ensemble, elles viendront renforcer l’effectif des Déesses pour porter haut nos couleurs durant la saison 2025-2026.
Ne crains-tu pas que leur arrivée creuse encore un peu plus l’écart avec les autres équipes d’Élite 1, notamment Lescure, qui reste aujourd’hui votre principale rivale ?
Mais nous ne survolons pas le championnat ! La saison dernière, nous avons d’ailleurs connu quelques revers, notamment une défaite à domicile face à Lescure. Certes, nous avons réalisé le doublé coupe-championnat, mais cela s’est joué à très peu de choses. Les autres clubs se renforcent également : Maïlys Borak rejoint Bègles, tandis que Lescure, club qui concentre déjà la majorité des internationales actuelles, en accueille deux de plus, la Toulousaine Chahrazad Himoudi et la Pianencque Élodie Pacull.
De notre côté, nous avons enregistré plusieurs arrêts après la finale, dont ceux de l’internationale Ophélie Coll, de la deuxième ligne Meg Mambé et des ailières Maeva Saboya et Lilou Marty. Se renforcer était donc une nécessité, pour retrouver à la fois du nombre et de la qualité dans l’effectif. Ne pas avancer, c’est reculer !
Y a-t-il un projet plus ambitieux derrière ces renforts ? Un rêve d’accéder à la Super League, peut-être ? Ou de participer à la Challenge Cup ?
Le staff est solide et structuré, et nos présidents ont pleinement compris qu’aujourd’hui, un club ne se limite pas à ses performances sur le terrain. Il doit représenter son territoire, et cela inclut soutenir et promouvoir la pratique féminine. [Petit aparté, dans ce contexte, il est difficile de comprendre que certains clubs majeurs du Super XIII n’aient toujours pas d’équipe féminine, alors que le rugby féminin ne cesse de se développer.]
Il y a 20 ans, Bernard Guasch créait les Dragons et montrait l’importance de croire en ses rêves et de construire avec vision. Aujourd’hui, nous poursuivons cette philosophie en offrant à nos joueuses des conditions optimales pour progresser et travaillons pour leur permettre de participer à des matchs de grande qualité. Notre objectif est clair : permettre à nos filles de s’épanouir, de se mesurer aux meilleures et de représenter fièrement les couleurs des Déesses, tout en inspirant les générations futures à rejoindre le rugby féminin.


