Mon rêve d’Élite à 8 équipes pour le XIII en France
La volonté fédérale a toujours été d’avoir une Élite avec le maximum d’équipes possibles, sans succès évident. Peut-être le temps est-il venu de tenter autre chose ?
Depuis des années, il semble que le seul salut soit un maximum de clubs en Élite. Plusieurs arguments sont avancés dans ce sens mais les miens s’y opposent.
Des arguments ancestraux peu convaincants
J’entends les arguments qui poussent à vouloir une Élite avec un maximum de clubs, même si je ne les comprends pas forcément.
Balayons rapidement l’argument de ceux qui disent que ça ne ferait pas assez de matchs. Peu importe le nombre d’équipes, si on veut un championnat avec 20 journées, on fait un championnat avec 20 journées. Les équipes peuvent se jouer 3 ou 4 fois, on peut ajouter des extra rounds ou favoriser les derbys, un tas de solutions existent.
Exemple : 3 rencontres entre chaque équipe : 21 matchs + playoffs + Coupe de France.
Une des trois confrontations sur terrain neutre ou 7 Magic weekend ou des rencontres dans des villes « non treizistes » ou des Magic weekend dans des villes « non treizistes » ou même des matchs délocalisés à l’étranger ou des Magic weekend délocalisés à l’étranger… Bref, vous m’avez compris.
Le second est relié au précédent, certains m’ont rétorqué (oui car je sème l’idée régulièrement) que trouver des sponsors serait plus difficile. Pourquoi ? Si le nombre de matchs ne changent pas, voire si les derbys et les affiches qui attirent plus de spectateurs sont plus fréquents, si le niveau augmente et le spectacle aussi… aucune raison que cela n’est pas l’effet inverse même.
J’ai aussi entendu parler de crédibilité. Il ne suffit pas d’avoir un classement avec 12-14 ou 16 équipes pour être crédible. Les structures, le niveau de jeu, le professionnalisme du championnat et des clubs est bien plus important. Le nombre ne fait pas tout voire même il ne fait rien.
Mes arguments pour une Élite réduite… forcément plus convaincants
Le premier, même s’il ne repose que sur une seule phrase, n’est peut-être pas le moindre. « Les mêmes causes produisent les mêmes effets ». Voilà des années que l’idée est la même et a priori cela ne fonctionne pas. Chacun croit pouvoir mieux faire que son prédécesseur avec les mêmes méthodes. On fait monter des clubs qui ne sont pas prêts. D’autres vivotent ou s’épuisent pour rester dans l’Élite et le professionnalisme de notre Élite ne progresse pas. Par « professionnalisme » j’entends : pouvoir exercer à plein temps et vivre de son activité de joueur, d’entraîneur, de membre du staff sportif ou administratif d’un club de rugby à XIII.
Cela ne se fera pas en un jour bien sûr mais c’est l’objectif. Dans cette optique, il nous faut créer un championnat attractif et de haut niveau. Pour cela, il nous faut la crème des joueurs et que ce soit leur activité principale voire unique. Parallèlement, il faudra aussi de la visibilité. Les outils de communication modernes utilisés cette saison doivent être développés et améliorés. L’idée étant d’espérer attirer de nouveaux sponsors et de vendre notre championnat. Si les retombées d’un sponsor national se font sur 8 clubs plutôt que 12, leur développement se fera rapidement. Faisons grossir le gâteau avant d’ajouter des parts au lieu de vouloir ajouter des parts, ce qui jusqu’à maintenant n’a pas fait grossir le gâteau.
Et une fois qu’à 8 ça fonctionne…
Soyons optimistes et projetons-nous un petit peu. Admettons que le championnat se développe et qu’il y ait des retombées économiques intéressantes. On ne va bien sûr pas rester 8 éternellement.
L’autre idée, que tout le monde partage plus ou moins avec des degrés différents et quelques variantes, est celle d’avoir des équipes d’Élite dans les grandes villes, de développer le rugby à XIII sur un territoire plus large. Là encore deux solutions. Démarrer un club à la base, avec école de rugby et monter les échelons un par un chez les séniors, ce qui prendra plusieurs années ou décider de partir du club professionnel. L’avantage est de créer de nouveaux marchés, d’augmenter la visibilité et d’attirer de nouveaux partenaires. Cela signifie recruter des joueurs et donc les faire bouger dans une nouvelle région. Pour cela, le statut de professionnel à plein temps est indispensable. Les plus grincheux les appelleront des « mercenaires », je les appellerai des professionnels.
Le lien avec ce que nous avons aujourd’hui
L’utopie c’est bien mais on ne part pas de zéro. Quelle est la situation actuelle ? De quel modèle est-elle le plus proche ?
Si on regarde à la fois les budgets et le classement aujourd’hui, nous voyons bien que le championnat est à deux vitesses. Il ne s’agit pas d’écarter d’un revers de main les derniers du championnat ou les plus petits budgets mais d’être réaliste et rationnel. Toulouse, Albi et Saint-Gaudens ont du mal à s’épanouir si proches les uns des autres. il y a d’ailleurs des inquiétudes sur la présence saint-gaudinoise en Élite la saison prochaine. Palau souffre si près de Perpignan et de la réserve des Dragons. Des doutes sur l’avenir du club en Élite ont également été émis par la direction. Reste l’exception audoise dont les 3 clubs performent. La fusion n’est pas pour tout de suite.
Se poser simplement la question si le fait de rester en Élite est viable devrait être en soi une réponse. Naturellement, la balance penche vers 8. Faire monter des clubs d’Élite 2 pour 2022 ne serait pas leur rendre service et/ou serait mettre des bâtons dans les roues aux clubs déjà présents.
Réduire le nombre d’équipes en Élite, je ne prétends pas dire que c’est LA solution mais au moins c’est un chemin qui n’a jamais été pris. Et je vous le glisse à la fin discrètement, mais je pencherais même pour une Elite à 6… chuuuuut.



On ne peut pas faire un grand championnat sans les deux plus grands clubs, Perpignan et Toulouse. Soit ils sortent de SL et on peut avoir un championnat pro a 8 effectivement : Perpignan, Toulouse, Avignon, Carcassonne, Albi, Villeneuve sur Lot, et je dirais Cahors et Salon de Provence qui sont de vraies petites villes sans sport qui pourraient bénéficier d’un soutien fort des mairies. Villeneuve pourrait avoir un stade plus développé. Mais sinon je pense que les « grandes » villes avec des grands stades comme Avignon, Carcassonne et Albi devraient tenter leur chance en League1. Derrière faire une E1 en… Lire plus »
Encore une fois je suis d’accord avec toi et je l’ai déjà défendu et dit plusieurs fois.
Excellent article et de belles réponses ! Je vois que le sujet nous passionne, à juste titre…. J’espère que la nouvelle Direction fédérale và nous sortir un véritable projet qui ira dans le sens de la professionnalisation et de l’ouverture sur au moins 3 grandes villes … mais pour l’instant ça n’a pas l’air de bouger malgré les promesses initiales …
Tout cela est bel et bien bon! Un peu utopique quand même quand on connaît la propension des responsables « treizistes » à ne pas regarder au delà de leur pré carré ! Il faut rester lucide: le rugby à treize hexagonal ne prendra réellement son élan, tant du point de vue sportif qu’economique que lorsque l’équipe de France prouvera’ sur les terrains, qu’elle est en mesure de tenir tête aux meilleurs de ce sport et non pas se satisfaire de succès secondaires sur l’écosse, le pays de galles ou encore l’Irlande dont on sait qu’ils ne sont appelés à disputer des… Lire plus »
Question, le XIII est-il un sport qui accepte que des équipes se rencontrent un grand nombre de fois dans la saison ? En NBA (basket) ou en NHL (hockey) les phases finales peuvent se jouer en 7 matchs,sans compter qu’en saison régulière les mêmes équipes ont pu s’affronter 4 fois ? Dans l’ex RDA, les 2 Dynamos s’affrontaient 37 fois (20+10+7) dans le championnat pro de hockey sur glace qui ne comportait que 2 équipes ! Si on organise une E1 à 8 équipes, il faudra prévoir 2 phases, et donc certaines équipes s’affronteront 4 fois en saison régulière +… Lire plus »
Réflexion pleine de bon sens… maintenir une élite comme aujourd’hui,avec des clubs dont on ne peut que louer l’extraordinaire courage , mais qui représentent des villes qui ne sont en fait que de gros villages , est entièrement utopique…..où trouver un budget correspondant à un club professionnel ou semi pro à Palau ou Pia qui envisage monter en première division, par exemple. Il est exact qu’aujourd’hui, nous n’avons pas en France plus de huit équipes pouvant correspondre à une élite, et d’ailleurs il en est de même si nous considérons le niveau des joueurs. L’arrivée de nombreux jeunes passés par… Lire plus »
C’est une très bonne idée pour laquelle je milite depuis longtemps. Malheureusement, il me semble que beaucoup et comprennent pas qu’il s’agit d’une étape dans un projet de développement et non d’une finalité. Il est souvent nécessaire de se recentrer sur les fondations avant de construire… Tout le monde aimerait 12,14,16 clubs, pros, riches, dans des grandes villes…. malheureusement, regardons d’où nous partons. 8 c’est le grand maximum du nombre de clubs qui aujourd’hui pourraient éventuellement prétendre à tendre vers un certain standard (n’est il trop tard ????). J’entends tout a fait la vision stratégique derrière l’article et ne peut… Lire plus »
Que le championnat soit à 8, 10 ou 12 équipes, il faut rajouter du piment en créant une « Cup » bis contre des équipes du Royaume-Uni de même niveau. Les spectateurs aiment bien les rencontres contre ces équipes. Le succès de la coupe d’Europe à 15 doit être un exemple.
J’ai réalisé une étude sur les formules employées depuis 1934. C’est consternant ! Le nombre de formules employées est incalculable avec parfois des mélanges entre groupes A et B, un manque de visibilité pour les spectateurs, les médias et les sponsors, des erreurs qui se répètent, et tout cela pour n’aboutir à rien. La formule la plus lisible pour tous est indiscutablement le groupe unique suivi d’une phase finale facile à comprendre. Descendre à 8 me semble en dessous du minimum syndical, 12 équipes serait le nombre idéal, mais à terme, car actuellement le XIII n’a pas le potentiel pour.… Lire plus »
Je pense qu’on peux rester à 10 clubs en élite 1, mais pas plus ….On a su créer une franchise pour intégrer la super league Anglaise, il faudrait créer aux moins 2 franchises pros ou semi-pros pour le championnat élite 1, et les idées ne manquent pas , à un moment on parlait de créer le XIII Basque, puis une section XIII au Stade Français, pourquoi pas un retour des girondins de bordeaux ou du PSG, ou encore d’Ajaccio en Corse Nice voir Lens ( par apport au succès de France vs Galles ) ect ect….Et une année y’avait du… Lire plus »
Penser qu’en réduisant l’Elite 1 à huit clubs va rendre ces huit clubs plus riche est utopique. Pour l’instant, le rugby à treize français n’a pas non plus les moyens de passer de 10 à 12 équipes tout simplement parce qu’on ne dispose pas de 50 joueurs supplémentaires qui auraient le niveau Elite. Par contre, un « final four » regroupant les quatre premier serait peut-être vendable à une chaîne TV. Trois matches aller + trois matches retour +finale = 7 week-end. Bref, pourquoi pas le retour de la poule des As ?
Ça ne les rendra évidemment pas plus riche de fait. Le but est de faire monter le niveau des joueurs et du jeu pour avoir un meilleur produit à vendre. Si tout le monde continue de penser qu’on peut faire ça à 12…
Pour moi, 10 clubs est un minimum et encore avec au moins 2 grandes villes ( Toulon, Bordeaux, Lyon, Montpellier par exemple), quitte à faire venir des joueurs étrangers. Sans ça, je ne vois pas de sponsors puissant venir s’intéresser à l’élite.
Faire venir des joueurs pourquoi pas mais on a rien pour les payer. Travaillons avec le noyau dur existant. Notre formation est de qualité.
Justement, il est plus facile de rentrer dans un commerce lorsque la vitrine est belle. Donc pour moi 2 grandes villes au moins, des joueurs de qualité faciliterait la venue de sponsors. Car, les Carcassonne, Limoux etc… Même avec des jeunes français de qualité, je crains que ça ne suffise plus
Evidemment mais la vitrine pour est belle si la qualité du jeu est belle et les structures dignes de ce nom. Et aujourd’hui les clubs structurés il n’y en a pas 10, les joueurs de haut niveau il n’y en a pas pour 10 clubs, de l’argent il n’y en a pas pour 10. Donc oui tout ce que vous dites est souhaitable à terme mais non réalisable aujourd’hui. Mon idée est justement un chemin pour y arriver, à mon sens plus réalisable, d’autant plus qu’il est différent de ce qu’on fait depuis toujours et qui ne marche pas.
on peut faire une élite à 4 aussi, les 3 audois et st estève… soyons sérieux, pour moi 8 c’est trop peu (manque de crédibilité), 10 c’est un moindre mal et 12 doit être un objectif immédiat d’après covid (sous 2 ans).
Vous avez raison. Une élite à 8 équipes serait aussi crédible et passionnante qu’un championnat de l’Aude ou Bi Départemental (si vous tenez à intégrer St Estève)
Dans les faits c’est déjà le cas. L’idée est justement d’avoir 5 clubs plus forts pour rivaliser avec les audois.
Une élite composée uniquement des clubs audois est également à réfléchir. Puisque de toute façon, à la fin, ils emportent la majorité des titres, pourquoi s’embarrasser avec les autres clubs.
De base pas d’accord avec l’idée de réduire le nombre de club en élite mais tes arguments sont très intéressants.
Dans l’absolu c’est plus la LER qu’il faut refondre complétement et par là j’entends l’ensemble des championnats pour gagner en cohérence avec une élite a 8.