Mathieu Cozza: « C’est un challenge, mais je le recommande à tout le monde »
Mathieu Cozza, parti outre-Manche, se prête au jeu des comparaisons avant de nous en dire un peu plus sur son avenir. Dans cet entretien, le troisième ligne fait un parallèle entre sa perception du XIII en France et en Angleterre avant de nous parler de son arrivée à Huddersfield.
Y a-t-il des similitudes et des différences dans l’accompagnement des jeunes joueurs (technique, tactique, mental, suivi hors terrain) entre les deux pays ?
La différence entre les deux pays par rapport à la formation c’est surtout que l’Angleterre, ils font tout plus vite. À Wakefield, par exemple, on avait un jeune de 16 ans qui s’entraînait avec nous de temps en temps. Il n’était pas là en permanence, mais il est venu à plusieurs reprises pour observer les séances et s’entraîner avec nous. D’autres joueurs des U19 sont également passés quelques jours afin de découvrir le groupe et d’apprendre, même si cela ne débouchait pas forcément sur un contrat.
Le club commence à suivre les jeunes dès les U16, puis observe leur progression jusqu’aux U19 pour évaluer leur potentiel et déterminer s’il faut les intégrer plus tôt au niveau supérieur. Finalement, la plupart finissent par signer un contrat. En général, le premier contrat est proposé vers 18 ou 19 ans, mais tout dépend ensuite du joueur et du moment où il est prêt à faire ses débuts.
Globalement, je trouve qu’en Angleterre, les jeunes sont plus précoces et progressent à un rythme beaucoup plus rapide.
Et sur le plan individuel, as-tu modifié tes routines de préparation mentale ou physique depuis ton arrivée en Angleterre ? Et quelles sont-elles ?
Non, pas forcément. Je n’ai pas modifié beaucoup de choses. J’ai toujours mes petites routines. J’aime bien arriver au stade plus tôt, poser mon sac, me balader un peu sur le terrain et ensuite rentrer dans le vestiaire et puis ressortir. Ce sont des petites habitudes que j’ai. Mais c’est plus sur la préparation mentale que j’ai évolué. Je fais beaucoup de visualisation que ce soit avant l’échauffement ou l’arrêt du match. La différence peut se faire mentalement. Physiquement, on est tous prêts.
Être tout seul en Angleterre et devoir évoluer seul, ça m’a fait prendre en compte l’aspect mental en plus de l’aspect physique.
Quelles compétences ou qualités techniques as-tu le plus développé grâce à ton passage en Angleterre ?
Je n’ai pas forcément développé plus que ça. Je pense juste que ça a été une prise de conscience sur mes points forts et mes faiblesses. Le staff a vu mes qualités et les choses sur lesquelles je dois bosser. Ils m’ont encouragé et montré qu’il fallait que je base mon jeu sur certains aspects de mes qualités. Et ensuite continuer à bosser sur ce que je dois bosser car rien n’est parfait.
Qu’est-ce que cette expérience à l’étranger t’a appris sur toi-même, en termes de mentalité et de résilience ?
Honnêtement, je sens la différence depuis trois ans. Quand tu pars tout seul, tu te challenges car tu es loin de tes amis, de ta famille. Il est donc nécessaire de trouver des sources de motivation. Après, j’y suis allé déterminé pour une raison qui m’est propre et qui était un rêve : jouer au rugby et je peux vous dire que je ne le regrette pas. Automatiquement, ça devient donc plus facile.
C’est vrai que c’est un challenge, mais je le recommande à tout le monde parce que tu gagnes en maturité, et ce, sur et en dehors du terrain. J’espère vraiment que ça va continuer d’aller dans ce sens. L’avenir nous le dira.
Avec le recul, que dirais-tu au jeune Mathieu qui s’apprêtait à quitter la France pour jouer en Angleterre ?
Je pense que je lui parlerai de mon expérience en lui disant que ça ne va pas être facile tous les jours car tu ne vas pas être à 100 % de ta forme mentale et physique. Mais ça va bien se passer. Il faut vivre ses rêves pour ne rien regretter. Ça va être une bonne expérience, une bonne opportunité. Mais surtout donnes tous les jours ton maximum quelque soit ce que tu peux donner.
Tu viens de rejoindre Huddersfield. Qu’est-ce qui t’a convaincu de signer ici ?
J’avais besoin d’un nouveau départ, d’un projet où je pourrais vraiment m’affirmer. À Huddersfield, j’ai tout de suite senti une envie de rebond, une énergie particulière après une saison compliquée. Même si le club sort d’une période difficile, je pense justement que c’est un moment intéressant pour s’impliquer, aider à reconstruire, et retrouver une dynamique positive.
Tu n’étais pas toujours titulaire dans ton ancien club. Ce nouveau défi, c’est aussi une manière de relancer ta carrière ?
Oui, clairement. J’avais un rôle un peu de doublure. Je jouais, mais sans forcément enchaîner. Ici, j’ai la possibilité de devenir un élément important du groupe, de prouver que je peux apporter sur la durée. C’est motivant, et c’est aussi pour ça que j’ai choisi ce projet.


