Le pont entre les deux codes se fissure
Comme pour beaucoup de joueurs de rugby des deux codes, il est devenu aujourd’hui très difficile de s’adapter à l’autre quel qu’il soit et Yaha le Bison même muté en Dragon n’a pas dérogé à la règle.
Les exigences sont très différentes entre le XIII et le XV. Avec les progressions de chacun des deux sports depuis une paire de décennies au moins, les demandes cardio-physiques et technico-tactiques sont devenues plus pointues et propres à chacun des deux rugby.
L’obligation de reculer sans arrêt à chaque placage et de remonter en sprint pour continuer le pressing défensif est indigeste pour un avant quinziste qui voit 2 de ses coéquipiers disparaître.
Il en est toutefois de même pour un 3/4 treiziste tenté par le XV et qui ne supportera pas les replacements ininterrompus suite aux nombreux coups de pieds qui bombardent les cieux du Rugby Union. L’obligation de « passer au sol pour créer un moulon » est l’exact opposé de la demande de rester sur ses cannes pour distiller un offload.
Bien d’autres détails des deux rugby les opposent et rendent très délicates les mutations ou franchissements du Rugbycon. Les dernières stars ayant relevé le défi avec succès sont presque quinquagénaires aujourd’hui.
Les Johnatan Davies, Deuvereux, Tuigamala et consorts ne font plus d’émules de nos jours. Jason Robinson, Wendell Sailor, Matt Rogers et plus récemment Ford et Ashton sont les derniers treizistes à avoir brillé à XV.
Cependant, les envies d’espaces, le temps de jeu, les libertés dans les prises de ballons feront toujours briller les yeux des quinzistes ennuyés surtout pour ceux confinés aux tâches ingrates.
Et à l’inverse l’appât du gain, les contrats juteux, la plus grande médiatisation ou l’abondance des banquets d’après-matchs selon les divisions de pratique créeront toujours un intérêt certain pour les treizistes fatigués par le peu de retour et de reconnaissance dans notre pays face aux multiples efforts et à l’abnégation demandés à ces gladiateurs taillés dans le roc et souvent dotés d’un 3ème poumon.
Bref, welcome back Fouad ! Les Dragons Catalans, le XIII de France et notre sport tout entier se délecteront de ce retour aux sources un peu prématuré mais au combien appréciable.
« À Dragon rendu on ne regarde pas les dents ».



Très juste analyse, les deux codes étant totalement différents tant sur le plan technique que physique, seuls quelques cas exceptionnels pourront désormais franchir le « rubicon »………
Exactement !!!