Cristina Song Puche : « Je suis quelqu’un qui a toujours été chercher ses opportunités »
Cristina Song Puche, demie des Déesses Catalanes, revient sur sa saison et évoque son départ à Featherstone pour cet été.
Cristina, peux-tu te présenter ?
Je suis Cristina Song Puche. J’évolue avec l’équipe de France de rugby à XIII depuis mes débuts en rugby league en 2015-2016. Avant cela, j’ai porté le maillot de l’équipe d’Espagne en rugby à VII et participé à plusieurs stages en rugby à XV.
J’ai aussi eu la chance d’évoluer au plus haut niveau en rugby à XV, en Espagne et en France, mais aussi en rugby league en Nouvelle-Zélande et dans le Queensland en Australie. Aujourd’hui, je poursuis mon parcours en Angleterre.
Quel bilan fais-tu de ta saison avec les Déesses collectivement et individuellement ?
Avec les Déesses, ça a été une grande expérience d’aller jouer la Cup en Angleterre, même si on avait déjà eu une première expérience internationale avec le 9s sous Cyril Torres. Je me sens chanceuse de faire partie de la première équipe française à avoir eu l’opportunité de se confronter au niveau anglais de Super League.
Peut-être que cette participation a aussi pu impacter notre performance en championnat de France cette année, dans le sens où ce n’est pas toujours simple de jongler entre les deux compétitions et les exigences différentes.
Je pense aussi qu’on avait une équipe pleine de bonnes joueuses et de qualités, mais qu’on n’a peut-être pas su les mettre suffisamment au service du collectif. Au final, même si on est déçues de ne pas être en finale, je pense qu’on est responsables de cette mauvaise saison, dans le sens où on n’a pas fait le nécessaire pour y arriver.
Un départ à Featherstone, pourquoi ce choix et comment le contact s’est fait ?
Je me suis donnée cette opportunité de venir en Super League parce que je ne voulais pas terminer ma carrière sans me tester au plus haut niveau anglais. Depuis un moment, je savais que c’était une étape que je devais vivre.
Aujourd’hui, avec la Coupe du monde qui arrive en octobre-novembre, c’est aussi un choix très lié à la performance. Je postule au poste de demi pour cette Coupe du monde, un poste que j’occupe seulement depuis l’année dernière, donc j’ai besoin de rythme, d’enchaîner les matchs et de continuer à progresser dans ce rôle. Arriver à une Coupe du monde sans jouer pendant 4 ou 5 mois, ce n’est pas une préparation optimale pour performer.
Je suis quelqu’un qui a toujours été chercher ses opportunités. J’ai déjà fait le choix de partir en Nouvelle-Zélande et en Australie par moi-même pour me confronter à ce niveau-là. Pour l’Angleterre, j’ai échangé avec Lindsay, ancienne coach des Déesses et de l’équipe d’Angleterre.
Elle m’a ensuite mise en contact avec la coach de Featherstone, Marie, qui m’a très bien accueillie, ainsi que tout le staff et les joueuses. Je suis vraiment contente d’évoluer dans ce club, je prends énormément de plaisir et je m’y sens très bien.
Et au fond, je pense qu’on n’a pas besoin d’attendre que les choses arrivent. Si on a un objectif et un rêve, on peut aussi aller les chercher soi-même, sans penser qu’on a besoin qu’on nous envoie quelque part : il suffit de contacter les clubs soi-même, c’est toujours comme ça que j’ai fonctionné.
Que penses-tu du niveau des championnats anglais et français ?
Le niveau anglais n’a rien à voir, que ce soit en termes d’intensité, de vitesse de jeu ou d’impacts. En France, à part quelques exceptions, je sors toujours des matchs en disant que « je suis zéro fatiguée » , et mon copain me fait d’ailleurs souvent la blague avec ça.
Là-bas, ça a été complètement différent. Dès les premiers matchs, j’ai vraiment senti une grosse différence : j’étais épuisée et j’ai même mis plusieurs jours à bien récupérer. Peut-être aussi que le fait de passer une grande partie de la journée du jeudi à voyager pour aller m’entraîner en Angleterre, jouer le samedi, puis rentrer en France le samedi soir et recommencer le jeudi suivant a joué sur la fatigue générale.
Mais ce qui change surtout, c’est que toutes les filles savent jouer à ce niveau. En Super League, il n’y a pas de débutantes : chaque joueuse a déjà un vrai bagage, un certain niveau, et ça rend chaque match beaucoup plus exigeant.
Clairement, le niveau est beaucoup plus intense, et justement c’est cette intensité-là que je recherche. Je me régale à repousser mes limites, à chaque match comme à chaque entraînement.
Quelles sont tes ambitions pour cette saison en Angleterre ?
Mes ambitions avec le club sont de finir dans le top 5 de la Super League. Aujourd’hui, il y a encore un vrai écart entre le top 4 et le reste du championnat. Le top 4 est déjà très structuré, avec des joueuses sous contrat et une vraie professionnalisation qui se met en place.
De notre côté, même si on n’est pas payées, on évolue dans un cadre très professionnel. On est très bien encadrées, avec un gros staff : plusieurs coachs terrain, des préparateurs physiques, des kinés… tout est mis en place pour qu’on puisse performer. Dès mon arrivée, on m’a fourni tout l’équipement du club, on s’entraîne toutes en tenue du club, il y a une vraie identité et un vrai cadre de travail.
Individuellement, mon objectif est de continuer à grandir en tant que joueuse, de donner le meilleur de moi-même pour aider l’équipe à aller le plus loin possible, et d’accumuler de l’expérience.
Et à plus long terme, c’est aussi important pour moi de ramener tout ça en équipe de France, pour la Coupe du monde, si je fais partie du groupe.


