Alan Walsh : « Vraiment impressionné par leur investissement et leur engagement »
Alan Walsh, sélectionneur de l’équipe de France féminine, revient sur ses premiers mois et évoque les objectifs pour la Coupe du monde 2026.
Comment se passent tes premiers mois en tant que sélectionneur de l’équipe de France féminine ?
Ces premiers mois ont été très intéressants, ils ont aussi été un peu particuliers car les intempéries ont perturbé le calendrier et il n’y a finalement pas eu autant de rencontres que prévu.
Malgré cela, cela m’a permis de découvrir l’environnement du rugby féminin et surtout l’état d’esprit des joueuses. J’ai été vraiment impressionné par leur investissement et leur engagement.
J’ai également découvert le travail énorme réalisé dans les clubs. Les bénévoles sont très présents et tout le monde met beaucoup de bonne volonté au service du développement du rugby féminin et de l’équipe de France. C’est quelque chose qui m’a particulièrement marqué.
De qui est composé ton staff ?
Il y a effectivement eu quelques départs dans le staff, avec des personnes qui avaient fait un excellent travail en amont, et je tiens à le souligner.
Julien Cance est resté avec nous et son expérience ainsi que son expertise me sont très précieuses. Je suis très heureux de pouvoir collaborer avec lui.
J’ai également la chance d’avoir comme adjoint Charly Clottes, entraîneur au pôle espoir de Carcassonne. Son expérience avec les joueuses au pôle et sa connaissance du rugby féminin sont des atouts importants. Cela nous permet aussi de garder un regard sur les générations futures et de travailler dans une logique de préparation pour l’avenir.
Nous avons également la chance de continuer avec Loïc Carpene en tant que préparateur physique. Son expérience et son professionnalisme ne sont plus à démontrer. Il réalise un travail très précis et exigeant qui va nous permettre d’être dans les meilleures conditions pour préparer la Coupe du monde.
Paul Lasserre reste notre kiné, ce qui permet de conserver une vraie continuité dans le staff. Nous avons aussi la chance de garder « Zazoum » pour l’intendance, dont le travail est toujours précieux pour le groupe.
Nicolas Manessi intègre le staff pour nous apporter ses compétences sur l’analyse vidéo, et je suis également très heureux que Célia Cérezo et Jean-Marc Crespo nous accompagnent comme managers. Ils font tous les deux un travail remarquable.
Je suis vraiment très satisfait de ce nouveau staff. Il y a beaucoup de professionnalisme, mais surtout beaucoup d’engagement au service de l’équipe de France.
Comment s’est passé le stage à Lescure ce week-end et les futures échéances ?
Pour l’instant, nous n’avons pas encore pu organiser un véritable stage à proprement parler. Nous fonctionnons plutôt sous forme d’entraînements de régions, avec le staff qui se déplace au plus près des joueuses.
Nous étions par exemple à Perpignan jeudi dernier, puis à Lescure le samedi.
Ces premières séances se sont très bien passées. J’ai pris énormément de plaisir lors de ces premiers entraînements et j’ai découvert des joueuses extrêmement investies et impliquées.
Le travail s’est concentré sur les bases et les fondamentaux, avec des séances sérieuses et rigoureuses, tout en gardant une atmosphère positive, conviviale et dynamique. L’objectif est de travailler avec exigence, mais dans un environnement agréable où les joueuses prennent aussi du plaisir.
Nous aurons notre premier véritable stage mi-mars au CREPS de Toulouse. Ce sera une étape importante pour commencer à structurer davantage notre travail collectif.
Dans la continuité, nous allons progressivement ouvrir certains entraînements régionaux aux joueuses espoirs. L’idée est de préparer l’avenir en permettant aux jeunes talents de se rapprocher du groupe France, tout en conservant la base solide de l’équipe senior actuelle. Cela permet aux jeunes de se sentir reconnues et de comprendre qu’elles ont leur place et leur chance à saisir dans le futur.
À partir d’avril, nous organiserons également un entraînement avec la sélection France une fois par mois jusqu’à la Coupe du monde afin de préparer au mieux les échéances à venir.
Pour affiner notre préparation, plusieurs matchs internationaux sont également prévus.
Enfin, nous souhaitons également créer une équipe de France U19/U20 afin de commencer à intégrer et accompagner les jeunes espoirs. Dans cette dynamique, un match face à l’Angleterre U18 est actuellement en cours d’organisation.
As-tu pu rencontrer les clubs pour poursuivre le travail réalisé par ton prédécesseur Romain Maillot ?
J’ai déjà pu être en contact avec certains clubs et échanger avec eux sur leur façon de travailler et sur le suivi des joueuses. Lors de nos déplacements à Perpignan et à Lescure, nous avons notamment pris le temps de discuter avec plusieurs responsables et encadrants.
Ce qui ressort très clairement, c’est l’implication des clubs dans la progression et la performance de leurs joueuses. On sent une vraie volonté d’accompagner le développement du rugby féminin et de soutenir les internationales.
J’ai également eu plusieurs échanges avec Lindsay Anfield, qui fait partie du staff des Déesses. Nous avons beaucoup discuté et nous allons travailler en collaboration afin d’assurer la meilleure continuité possible entre le travail réalisé en club et celui mené en équipe de France.
Je n’ai pas encore eu l’occasion d’échanger avec tous les clubs, mais j’ai vraiment hâte de rencontrer l’ensemble des interlocuteurs dans les prochaines semaines. L’objectif est que nous puissions tous avancer dans la même dynamique et travailler ensemble au développement et à la performance du rugby féminin.
Quels sont les objectifs à la Coupe du monde ?
Je ne souhaite pas mettre de pression particulière aux joueuses. L’objectif est avant tout de progresser étape par étape, entraînement après entraînement et match après match.
Ce que je veux surtout voir, ce sont les bonnes attitudes : de l’engagement, de la rigueur et une vraie envie de se dépasser pour l’équipe. L’idée est de construire un groupe qui progresse ensemble, qui élève son niveau de jeu et qui se rapproche, au fil du travail, du plus haut niveau possible.
Si nous avançons dans cet état d’esprit, avec du cœur, de la passion et beaucoup d’investissement, alors nous serons sur la bonne voie pour être compétitifs lors de cette Coupe du monde.


