#2 – 1941 : Le jour où le rugby à XIII a été interdit en France
Jour après jour, jusqu’à Noël, replongez dans la grande histoire du rugby à XIII, de ses origines à ses héros éternels, avec le calendrier de l’Avent Treize Mondial.
- À ce sujet : Le calendrier de l’Avent Treize Mondial
Effacé des registres, spolié de ses biens, interdit de terrain. En 1941, le régime de Vichy a tout simplement supprimé le rugby à XIII. Une décision politique, prise au nom d’une idéologie, qui a marqué à jamais le sport français.
C’est une page noire du sport tricolore. Alors que la France vit sous le régime de Vichy, le rugby à XIII, pourtant florissant depuis les années 1930, devient soudain un ennemi d’État. Les autorités, influencées par certains dirigeants du rugby à XV et par une idéologie autoritaire qui valorise « l’amateurisme moral », décident de dissoudre la Ligue française de rugby à XIII.
Du jour au lendemain, un sport entier disparaît.
Le décret de Vichy : la sentence tombe
Le 19 décembre 1941, le maréchal Pétain signe un décret interdisant purement et simplement la pratique du rugby à XIII. Et celui-ci est à ce jour célébré sur le mur des légendes du stade Aimé Giral de l’USAP, à Perpignan.
Les motifs de l’interdiction du rugby à XIII ? Officiellement :
Préserver les valeurs du sport « amateur » et « réduire les influences étrangères ».
Mais en réalité, il s’agit d’une vengeance politique et culturelle. Le XV, proche du pouvoir, ne supporte pas la popularité grandissante d’un XIII jugé « trop anglais » et « trop professionnel ». Les locaux sont fermés, les clubs dissous, les comptes bancaires saisis. Les joueurs, eux, doivent se reconvertir… ou arrêter de jouer. Certains rejoignent le XV pour survivre. D’autres, par fidélité, refusent. Le mot « Treize » disparaît même des journaux officiels.
Une confiscation sans précédent
Plus de 200 clubs sont rayés des registres. Les stades, les licences, le matériel, tout est confisqué. Le pire ? Ces biens sont transférés… à la Fédération Française de Rugby à XV, qui les conservera longtemps après la guerre. Le rugby à XIII, né sept ans plus tôt, vient d’être effacé de l’histoire par décret.
Et ce crime sportif restera longtemps sans réparation. Il faudra attendre 1991, soit cinquante ans plus tard, pour que la FFR XIII soit reconnue victime d’une « injustice d’État ». Mais aucune restitution réelle n’a jamais eu lieu.
La résistance du XIII
Pourtant, malgré l’interdiction, certains continuent à jouer en secret. Dans le sud, des matchs « amicaux » sont organisés sous de faux noms : « jeu à ballon », « rugby populaire », “amicales sportives”. Les anciens treizistes cachent leur maillot, mais pas leur passion. Lorsque la guerre s’achève, ils relancent aussitôt le mouvement, avec rien ou presque : pas de terrain, pas d’argent, mais une foi intacte. C’est grâce à eux que le XIII renaîtra dès 1945. Le symbole d’un sport bâti sur la résistance, la loyauté et la mémoire.
Cette interdiction a marqué le destin du rugby à XIII pour toujours. Mais elle raconte aussi la résilience d’une communauté qui n’a jamais cessé de lutter pour exister.



Encore moi, simplement pour évoquer les équipes que j’ai vues jouer à Montpellier dans les années 50 (fin) 60 : Lézignan, Villeneuve, Marseille, Roanne, Carcassonne, Perpignan, Albi, Avignon, Cavaillon, Toulouse, Lyon, et j’en oublie sans doute. Et quelques joueurs de légende : outre Puig-Aubert, Gilbert Benausse, André Savonne, Pierre Lacaze, Erramouspé, Montrucolis, Jacques Dubon, Tonus, et tant d’autres.
un basque et le dr paul voivenel grand ami de borotra ce sont eux qui sont a l origide de la mise a mort de notre rugby.avec plutard un certain ferasse
En adhérant au RPR celui-ci avait-il quelque chose à se faire pardonner?
Patience !!
La roue tourne pour tout le monde.
Biens mal acquis ne profitent jamais.
N’y a t il pas la possibilité de demander réparation et au moins de récupérer ce qui a été spolié voir plus . Rêvons.
Les fédérations confisquées ont été indemnisées sauf celle du XIII! Ajoutons que lorsqu’on regarde les biographies de certains hauts dirigeants du XV très acharnés à combattre le XIII pendant les décennies suivantes, on les trouve fort peu disertes sur la période 40/44…
Bonjour J’ajoute que le « ministre » des sports de Pétain était un certain Jean Borotra, tennisman bien connu et issu de la « bonne société ». Pas comme ces prolos de treizistes. J’ajoute également que les héritiers de Pétain nous ont persécuté bien après l’effondrement de son régime puisque nous n’avons pu reprendre le nom de RUGBY qu’après la décision de la Cours de Cassation en 1993. Le « jeu à XIII » est redevenu rugby à XIII 48 ans après. C’est dire si les « héritiers » ont été vindicatifs jusqu’au bout. Ont été ou sont toujours? Ont-ils tous disparu? Tous les sports professionnels ont été… Lire plus »
Ne mettons pas tout sur le dos de cette interdiction , je me souviens de stades pleins dans les années 50 et de la présence au plus haut niveau de Marseille, Bordeaux , Lyon et Montpellier
En effet n’exonérons pas la responsabilité des dirigeants du XIII. J’ai connu le stade Vélodrome bien rempli pour le XIII. Mais la responsabilité la plus lourde n’est pas là même si elle est très importante.
J’ai assisté à cette époque, à partir de 58 me semble-t-il, à de nombreux matches de Montpellier XIII au stade du Pont Juvénal. En effet, les tribunes étaient bien garnies (autant que pour le SOM, alors en 2e division en football). Je me souviens notamment du génial Jean Dop et de sa sautée fantastique, ou encore de Jo Guiraud, Boutonnet, Sénégas…J’espère encore que le XIII renaîtra à Montpellier.