#5 – Puig-Aubert, le héros à la cigarette
Jour après jour, jusqu’à Noël, replongez dans la grande histoire du rugby à XIII, de ses origines à ses héros éternels, avec le calendrier de l’Avent Treize Mondial.
- À ce sujet : Le calendrier de l’Avent Treize Mondial
Une clope au bec, un ballon dans les mains et un public conquis : Puig-Aubert, dit “Pipette”, fut davantage qu’un joueur. Dans la France de l’après-guerre, il devint une légende vivante, symbole du rugby à XIII flamboyant et populaire.
Carcassonne, années 1950. Sur un terrain boueux, un homme lève la tête, cigarette aux lèvres, avant de botter le ballon. Il ne rate jamais sa cible. Le public retient son souffle, puis explose : Puig-Aubert vient encore de marquer. Plus qu’un joueur, il est devenu une icône nationale. “Pipette” incarne ce que le XIII français a de plus fort : le talent brut, la liberté de ton, et une élégance naturelle.
Le génie du jeu au pied
Né le 24 mars 1925 à Andernach en Allemagne, Puig-Aubert, de son vrai nom Aubert-Henry-Jean Puig, débute dans le rugby à XV avant de rejoindre le XIII après-guerre. Très vite, son style unique séduit : un jeu au pied chirurgical, un sens du placement hors norme, une décontraction déconcertante. Il peut botter du gauche ou du droit, d’un angle impossible, tout en plaisantant avec l’arbitre. Et toujours, cette fameuse cigarette, qu’il garde jusque dans les vestiaires.
Surnommé “Pipette” pour sa mince silhouette, il devient la star du Carcassonne XIII, avec lequel il remporte quatre championnats. Il remportera également un titre avec le XIII Catalan. Mais c’est en équipe de France qu’il entrera dans la légende.
Le capitaine des “Dieux du Treize”
En 1951, la France traverse la planète pour une tournée mythique en Australie et en Nouvelle-Zélande. Sous la houlette de Puig-Aubert, les “Galia’s Boys” renversent les Kangaroos et enflamment les stades de Sydney et Brisbane. Les journaux australiens le décrivent comme un “magicien”. Le Sydney Morning Herald titre même :
Aubert, l’homme qui joue au rugby comme si c’était un art.
À son retour, la France entière l’acclame. Il est élu meilleur joueur du monde, un exploit qu’aucun autre Français ne reproduira avant des décennies.
Une légende populaire
Puig-Aubert n’était pas un sportif formaté. Il fumait, riait, improvisait. Mais sur le terrain, c’était un perfectionniste absolu. Il incarnait le rugby à XIII tel que le public l’aimait : spectaculaire, humain, libre.
Dans les bars de Carcassonne et de Lézignan, on raconte encore ses coups de pied millimétrés, ses gestes fous, sa classe naturelle. Même les amateurs de XV le respectaient. Quand il prend sa retraite, le XIII français a atteint son apogée : populaire, puissant, respecté dans le monde entier. Puig-Aubert n’était pas qu’un joueur : il était un symbole. L’homme qui a fait aimer le XIII à toute la France, sans artifice, juste avec du talent et un sourire.
Et pour vous, qui pourrait être le “Puig-Aubert” de notre époque ?



malheureusement aujourd’hui aucun Français n ‘a le niveau d’etre dans les meilleurs du monde, les joueurs de NRL sont largement au dessus .
Surnommé « Pipette » pour les bouffées de cigarette qu’il faisait parfois lors d’un arrêt de jeu !!!!!
Difficile à dire pour les générations qui n’ont pas pu le voir jouer. Aujourd’hui il n’y a pas encore eu de joueurs français de la trempe d’un Sam Tomkins ou d’un Kévin Sinfield, même si Morgan Escaré en a été proche avant de déraper.