Sur les traces de Jean Galia, père fondateur du rugby à XIII
L’histoire que raconte la trop courte vie de Jean Galia est celle des origines du rugby à XIII. La légende raconte que c’est en regardant un match entre l’Australie et l’Angleterre sur le sol français qu’il tombe amoureux du rugby à XIII. Alors que le rugby à XV de l’époque est dominé par une élite d’aristocrates, le natif d’Ille-sur-Têt (Pyrénées-Orientales) voit une opportunité de développer le sport en France et de le faire prospérer jusqu’à la seconde guerre mondiale.
C’est peu dire si le « jeu à treize » doit beaucoup de choses à la ténacité de Jean Galia, un solide gaillard de 1,80 m, dont la carrière de sportif est tellement accomplie qu’il existe plusieurs stades à son nom. Alors que les milieux sportifs sont souvent gouvernés par l’argent et les manœuvres en coulisses, il est rassurant de voir que c’est parfois le cœur qui a de l’influence sur le cours des choses. Penchons-nous un instant sur la vie sportive et sociale de Jean Galia, sans qui le rugby à XIII n’existerait probablement pas en France, bien avant que le pari football et le pari rugby deviennent monnaie courante.
Itinéraire d’un enfant du pays
Des types comme cela, on en fait plus ! En jetant un coup d’œil aux photos noir et blanc de Jean Galia, on remarque une extrême dureté dans le regard, qui n’empêche malgré tout pas la bonhomie. Si les sources dont on dispose ne s’accordent pas sur sa date de naissance, il est admis qu’il est né en 1905 et qu’il a brillé dans le rugby à XV en tant que deuxième. Il a, en outre, été sacré champion de boxe de France en catégorie poids lourd.
Nous avons affaire à une force de la nature qui a su enchaîner les victoires et s’est également distingué dans le rugby à XV, en marquant 3 essais sur 20 sélections. Pourtant, quelque chose dans le rugby à XIII le fascine. Son premier match, il y assiste pour la première fois à l’âge de 29 ans. Il trouve que les mouvements et les règles sont différents du rugby à quinze, ce qui le pousse à créer la toute première équipe du rugby à XIII de France. Nous sommes en 1934.
L’ascension des Galia’s Boys
Jean Galia est également connu pour avoir inventé l’expression “Jeu à treize” dans la foulée de la création de sa dream team composée de joueurs qui officiaient auparavant dans le rugby à quinze. Après une tournée remarquée en Angleterre où le rugby à treize impose son style, Jean et ses Galia Boys marquent les esprits. L’idée est de donner une image du rugby à XIII beaucoup plus locale avec un jeu plus rapide et incisif.
Le succès de cette “nouvelle” formule – le rugby à treize existe déjà depuis 1895 outre-manche – ne se dément pas et le sport commence à se professionnaliser. Le gouvernement de Vichy interdit cette forme de rugby en 1941, ce qui a pour effet de le mettre dans l’ombre par rapport au rugby à quinze qui bénéficie aujourd’hui d’une plus grande couverture médiatique.
Homme des terrains, homme des affaires
Finalement, le rugby à XIII français doit à peu près tout à Jean Galia, un homme qui brillait aussi bien sur les pelouses et les rings que dans les bureaux de négociations. Il hérite aussi du sens des affaires sociales de son père, maire d’une petite commune et prend les rênes de diverses affaires comme l’exploitation de salles de cinéma.
Parmi les faits d’armes de la fin de sa vie, Jean Galia entraîne le Toulouse Olympique XIII et propulse le club en tant que vice-champion de France en 1946. Il pose aussi une empreinte indélébile sur le club de rugby à treize de Villeneuve-sur-Lot, dont il est tour à tour un joueur émérite, le capitaine et l’entraîneur.


