Sébastien Vuillon : « Tout faire pour décrocher notre billet pour la finale »
Sébastien Vuillon, entraîneur de l’entente Ayguesvives/Limoux, revient sur la victoire contre les Déesses Catalanes et évoque le niveau de l’Élite 1 féminine.
Que penses-tu de la performance de ton équipe contre les Déesses ?
Cette victoire est une énorme satisfaction ! Après 11 confrontations contre les Déesses, c’est notre première victoire. Le match a été très rude, mais nos joueuses ont su trouver les ressources physiques et mentales pour aller chercher cette victoire. Elles se sont surpassées. Ça ne reste qu’un match de championnat, mais pour nous elle signifie la récompense de tous nos efforts depuis ces 3 saisons. C’est une belle étape dans notre progression et une belle récompense pour le travail du staff et l’investissement des joueuses.
Quel bilan fais-tu de la saison ?
La saison n’est pas encore terminée, mais nous pouvons déjà dire qu’elle est positive. Déjà nous avons accueilli un nouveau co-entraîneur, Enzo Blandinieres. Notre entente à 3 avec Matthias fonctionne très bien. De même que notre entente avec Limoux. Le groupe se porte bien sur et en dehors du terrain.
Pour ce qui est du sportif, le début a été difficile. La phase de brassage n’a pas été clémente avec nous, mais dès que le championnat a commencé, l’équipe est montée en puissance. Nous avons eu de nouvelles joueuses, débutantes ou confirmées, qui se sont très bien intégrées au groupe et nous avons aussi le plaisir d’avoir des joueuses présentes dans le groupe France. Maintenant il nous faut maintenir le cap pour faire en sorte de terminer de la meilleure des manières.
Que penses-tu du niveau de l’Élite 1 et de l’arrivée de joueuses étrangères dans le championnat ?
Je dirai que le niveau de jeu est plutôt bon mais stagnant depuis plusieurs années. Certaines joueuses sont présentes depuis de nombreuses saisons dans ce championnat et donc ont énormément progressé et cela se ressent sur leur collectif, Lescure par exemple. Mais comme notre nombre d’équipes ne cesse de diminuer ainsi que le nombre de joueuses, j’ai peur pour l’avenir du championnat et du rugby à XIII féminin.
L’apport de joueuses étrangères est un plus pour notre championnat. Surtout avec celles qui sont arrivées aux Déesses, cela permet un coup de projecteur sur notre championnat. J’espère que cela pourra se poursuivre à l’avenir et pourquoi pas travailler pour que tous les clubs d’Elite bénéficient de cet apport. J’en profite pour souhaiter bon courage aux Déesses Catalanes pour la Cup et j’espère qu’elles iront le plus loin possible.
Toi qui es dans le XIII féminin depuis plusieurs années, quel regard portes-tu sur l’équipe de France et le nouveau staff, à quelques mois de la Coupe du monde ?
C’est vrai que c’est ma 12ème saison déjà. Je trouve qu’il y a de bons côtés. Déjà les joueuses font plus de rassemblements comparé à mes débuts. Néanmoins, j’ai comme l’impression qu’il y a une perte d’attrait pour l’équipe de France. Avec le faible nombre d’équipes, la compétition est moins rude pour pouvoir être sélectionnée. J’aimerais que les entraîneurs des équipes féminines aient plus d’échanges avec le staff de l’équipe de France, des réunions de travail, que les coachs passent dans les clubs assister ou même prendre en charge un entraînement. Je prends l’exemple de Fabien Galthié qui fait des entraînements d’équipes de niveau fédéral à XV. Mais il faut également préparer notre avenir, et cela passe par la formation. Ne pas avoir un vrai pôle féminin nous fait du mal, même si le pôle de Carcassonne fait un gros travail dans ce sens.
Pour ce qui est du nouveau staff, c’est un sacré challenge qui les attend, surtout après le contexte de leur nomination. Je ne connais pas bien Alan mais j’en ai entendu beaucoup de bien. J’ai déjà eu à faire à Charly Clottes lorsqu’il avait été nommé à la tête de l’équipe de France fédérale et j’en garde un bon souvenir. Quant à Nicolas Manessi, je le côtoie plus régulièrement et c’est quelqu’un de très compétent. Par ailleurs, ils ont déjà un joli passé de joueurs et d’entraîneurs en club. Je pense qu’ils pourront beaucoup apporter aux joueuses.
Quelles sont tes ambitions pour cette fin de saison ?
Nos ambitions sont claires, jouer les trouble-fêtes ! Nous allons jouer crânement notre chance et tout faire pour décrocher notre billet pour la finale.


