Pierre-Louis Bourrel : « Être entraîneur-joueur n’est pas une tâche facile »
Pierre-Louis Bourrel, entraîneur-joueur du VARL XIII, revient sur la victoire contre Pamiers et fait un bilan avant la fin de saison.
Encore une nette victoire contre Pamiers en Challenge Georges Aillères, que penses-tu de la performance de l’équipe ?
Le résultat est flatteur contre une équipe de Pamiers qui avait beaucoup d’absents malheureusement. On met du temps à entrer dans le match, un peu d’approximation et un manque de patience. On a eu de la réussite en début de seconde mi-temps, et de l’efficacité. Et puis on a déroulé. Cela reste une performance globale plutôt aboutie.
Tu joues 6 depuis le début de saison mais tu peux jouer 9, 13, 7. Quel poste préfères-tu ?
Tant que je joue, je me régale. Et j’aime bien changer mais je préfère clairement jouer en 9. C’est mon poste de prédilection. Après, en tant qu’entraîneur, j’ai une vision plus globale et pour le moment on pense avec le staff que dans l’intérêt de l’équipe, il vaut mieux que je joue 6. Être entraîneur-joueur n’est pas une tâche facile, on s’oublie parfois sur l’une des deux fonctions, c’est une remise en question permanente. Jouer demi me permet d’avoir une incidence directe sur le jeu de l’équipe et d’être le garant du système.
Vous êtes invincibles depuis le début de saison comme les Gunners de 2004 (NDLR : l’équipe de football d’Arsenal en Angleterre). Comment garder cette cadence et sur quoi l’équipe peut progresser encore selon toi ?
Être comparés aux Gunners de 2004 est flatteur. Voilà une comparaison qui fera plaisir à certains joueurs de l’équipe. Mais contrairement au foot, rester invaincus sur la phase régulière n’est pas suffisant pour être champion. Si tu perds en phases finales, cela n’aura servi à rien. Contrairement à ce que pensent beaucoup, nous ne sommes pas au-dessus du championnat. Nos résultats contre Ille et Palau en attestent (victoires serrées). Nous récoltons seulement cette année le travail initié l’an passé, et maintenir ce rythme dépendra de facteurs que l’on peut maîtriser et d’autres non. Parmi ceux maîtrisables, la gestion de l’effectif sera importante ainsi que la remise en question constante avec un travail acharné. Après, la chance aura une part importante, en espérant notamment être épargnés par les blessures.
Concernant nos axes de progression, ils sont nombreux. Nous avons besoin d’être plus efficaces en attaque dans les 20 derniers mètres et bien meilleurs sur le contrôle du tenu. La patience est également un secteur que nous devons travailler.
Albi en Coupe de France Lord Derby, comment appréhendes-tu ce match qui va bientôt arriver et comment les battre ?
Ce match est historique pour le club. On l’aborde avec beaucoup d’humilité évidemment et de l’excitation. Après, vous me demandez comment battre les champions de France en titre sur un match éliminatoire à l’extérieur ? Tout le monde sait que la mission semble impossible. Ils sont très bons dans tous les secteurs, fournis sur tous les postes. Ils ont, avec Limoux et Carcassonne, ce qu’il se fait de mieux en France. C’est David contre Goliath. Évidemment il faudra essayer de contenir leur bloc milieu, ce sera l’une des clés du match. Mais une chose est sûre, ils devront nous marcher dessus pour passer et on ne s’enlèvera pas. Ça tombe bien, je crois que c’est leur intention.
Quelle équipe t’a fait la plus forte impression en Elite 2 ?
Palau et Ille disposent des meilleurs effectifs. Ille a eu du mal à se lancer mais au complet ce sont eux qui nous ont posé le plus de problèmes. Palau a peut-être moins d’individualités que l’an dernier mais je les trouve mieux collectivement. Après, Réalmont est une équipe surprenante, très rude et très difficile à manœuvrer sur ses terres. Je les vois aller en demie.
Quels sont tes objectifs pour cette fin de saison ?
Collectivement, on ne va pas se cacher ou être hypocrite, le doublé est un objectif pour le club même si je pense avec le recul que l’aventure humaine est parfois plus importante. Les titres se remportent parfois sur un coup de dés, et je sais de quoi je parle. Personnellement, ce n’est déjà que du bonus. Je ne pensais pas pouvoir encore jouer alors je profite de chaque instant. Après, bien sûr que je suis un compétiteur et cela fait deux ans que j’échoue sur la dernière marche en Élite 2, alors réussir cette année me permettrait d’envisager, peut-être enfin, une retraite méritée.


