Jordan Boudebza : « Je retiens surtout l’aventure humaine qu’offre le rugby à XIII »
Jordan Boudebza, talonneur de Palau, évoque sa fin de carrière après son dernier match avec les Broncos en barrage d’Elite 2.
Jordan, peux-tu te présenter ?
Jordan Boudebza, 31 ans, fraîchement retraité et ancien joueur de Palau XIII.
Que retiens-tu de ta carrière et quel est ton plus beau souvenir ?
Beaucoup de positif, je n’ai jamais eu de grosses blessures, j’ai vécu de belles victoires mais je retiens surtout l’aventure humaine qu’offre le rugby à XIII. Pour mon plus beau souvenir, difficile de départager, j’en ai trois. Le jour où j’ai joué avec John et Hugo, mes deux frères, contre Carcassonne sous le maillot de Palau. Les 10 titres de champion dans les différentes catégories et divisions. Et le dernier match pour moi à Palau où je suis entré seul sur le terrain. Mon papa et mon frère m’attendaient avec Israel et Mahé, mes enfants. Israel a même donné le coup d’envoi fictif du match. Un moment très émouvant pour moi.
Quels sont les éducateurs, entraîneurs, joueurs qui auront marqué ta carrière ?
Tout d’abord, mes premiers entraîneurs en Élite 1 avec Palau, David Berthezene et Patrick Torreilles qui m’ont fait confiance et je les remercie. Ensuite, lors de mes deux saisons à Lézignan, j’étais entraîné par Aurélien Cologni. Soucieux du moindre détail, très pro, exigeant, j’ai beaucoup progressé.
Mais Rodney Howe est l’entraîneur qui m’a le plus marqué. Il a cette mentalité avec laquelle il te laisse libre des choix sur le terrain. Il pue le rugby. Pendant le match, il voit tout ce qui ne fonctionne pas dans l’équipe adverse, les mauvais placements défensifs et consorts.
Mais j’ai appris de chaque éducateur, entraîneur, que ça soit Olivier Elima, Greg West, Benoit Albert, Patrick Noguera… je les remercie tous.
Pour la partie joueurs, en premier mes deux frères, Hugo et John mais surtout John qui a évolué en Super League. Voir ton frère à ce niveau te remplit de fierté et c’est là où tu comprends l’expression « le travail paye toujours ». Et Hugo, car sur un terrain, il n’est pas comme dans la vie de tous les jours (rires) il peut être méchant, ne rechigne pas à la tâche et volontaire.
Mais il y a aussi des adversaires comme Elony Vunakece. Tu joues contre lui et l’année d’après, il signe aux Roosters en NRL. Carrasco dur au mal, Murcia un magicien capable de changer le cours d’un match, Tyrone Pau avec Carcassonne même si avec le VARL, il est toujours aussi bon. Il y en a tellement mais ils m’ont tous marqué.
Pour mes coéquipiers, ils m’ont tous marqué car quand tu portes le même maillot que tes coéquipiers, tu sais qu’on va se battre tous ensemble sur le terrain. Mais il y a quand même des joueurs comme Ben Pomeroy très facile, Marginet un magicien, les frères Madani qui pour moi sont les plus doués de leurs générations. Ali Ait Khayachou, dommage qu’il ait stoppé un moment le rugby car il aurait pu être à l’étage supérieur. Les frères Miloudi, les frères Jimenez, Nicolas Munoz qui m’a beaucoup aidé mes premières années à Palau. Sébastien Terrado, Anthony Léger, Mencarini, des papas sur un terrain. Pour ne citer qu’eux encore une fois, c’est tellement difficile, j’aimerais tous les citer.
Mais mention spéciale à tous mes coéquipiers pendant les deux saisons à Palau en Nationale et celle d’Elite 2. Ils savent ce que je pense d’eux.
As-tu des regrets quand tu regardes dans le rétro ?
J’ai toujours fait de mon mieux sur un terrain de rugby et je n’ai jamais triché, mais le seul regret que j’ai, c’est de ne pas avoir assez profité des victoires, des copains, du rugby car le temps passe trop vite. Chaque année, tu vois des joueurs arrêter le rugby faire un discours dans les vestiaires en te disant de profiter que ça passe vite et toi, tu te dis que tu as encore le temps, mais ils ont raison.
Quelles sont tes envies après le rugby ?
Aujourd’hui, j’ai juste envie de profiter des miens. Nos familles font beaucoup de sacrifices les week-ends pendant les saisons. Maintenant, je veux rendre la pareille. Pour finir, j’aimerais remercier les bénévoles de tous les clubs de rugby à XIII. Sans vous, les clubs n’existeraient plus. Les dirigeants et présidents qui font le maximum pour leur club, les entraîneurs, les supporters, les écoles de rugby, les arbitres, les délégués. Les adversaires que j’ai pu rencontrer et mes coéquipiers. Vous, la rédaction de Treize Mondial pour la visibilité de notre sport sur les réseaux sociaux. Le club de Ferrals avec qui j’ai joué, celui de Lézignan. Mention spéciale au club de Palau XIII, je vous remercie pour ses 10 belles années. Et pour finir merci à ma famille.


