Fanny Ramos : « On veut tout donner mais beaucoup ont du mal à associer les deux »
Fanny Ramos, talonneuse des Déesses Catalanes, revient sur sa saison en club et évoque la défaite contre les Anglaises.
Fanny, peux-tu te présenter ?
Fanny Ramos, 28 ans, je joue au poste de talon aux Déesses Catalanes.
Comment se passe la saison avec les Déesses ?
La saison avec les Déesses est compliquée cette année, le déroulement de la saison, ça paraît lent, car il n’y a pas trop de matchs. Sinon ça va, on est bien positionné, nous recevons Toulouse Ovalie le 14 mai pour les demi-finales.
Une lourde défaite contre les Anglaises, qu’est-ce qu’il s’est dit dans les vestiaires après le match ?
Il s’est dit qu’on ne s’attendait pas à si lourd score en étant si proche en juin, mais qu’on s’en doutait bien que ça allait être plus compliqué avec la grosse vague de renouveau dans l’équipe qui a bien baissé sur la moyenne d’âge. Il y a beaucoup moins de repères et que ce n’est pas parce que les nouvelles, les jeunes ont un pied dedans qu’il faut rester sur ses acquis mais au contraire énormément travailler sur le plan de la préparation physique.
Sur ça on peut compter sur notre préparateur physique de l’équipe de France féminine Loïc Carpène, il a un programme clair et il nous suit de très près, avec des retours obligés sur le programme des temps et des max à donner sur des dates limites, et il est toujours disponible et c’est super. C’est grâce à lui qu’on a monté une marche ou deux mêmes les quelques années avant la Coupe du monde. Romain n’a pas trop parlé, il a attendu le lendemain à Carcassonne pour dire que malgré la déception de l’écart du score, il faut qu’on bosse et qu’on va grandir, c’est sûr, mais pour que ça arrive vite, il faut se donner les moyens !
La Coupe du monde arrive, comment réduire l’écart avec les grosses nations selon toi pour faire bonne figure en 2025 ?
Comme je disais juste avant, si on se tient à la préparation physique et qu’on continue à travailler le plan de jeu que l’on est en train de mettre en place, on va grandir. Romain c’est que du bon son arrivée, il y a un bon plan de jeu qui se met en place. Avec Jérôme De Azevedo en entraîneur également, on a un super staff, sans compter les deux kinés très à l’écoute et plein de conseils. Francky pour la vidéo collective et Julien Cancé en individuel qui bosse beaucoup. On a un staff super pour avancer et être prêtes pour 2025, disons qu’on a les clés en mains, à nous d’être assidue. Ce qui est bien difficile quand on a un travail et qu’on est des amatrices. Pourtant, on veut tout donner mais beaucoup ont du mal à associer les deux.
Quelles sont tes ambitions pour les saisons à venir ?
Mes ambitions pour l’année en cours déjà est de finir enfin sur une bonne note. Ça fait trop d’années qu’on passe à côté. Pour la prochaine saison, j’espère qu’on reviendra sur un championnat plus attractif avec plus d’équipes, peut-être refaire comme avant, tout le monde dans un seul championnat et puis aux phases finales séparer les deux niveaux. C’est ce qui fonctionnait le mieux en termes de quantité de matchs et ça permettra de faire grandir certaines équipes plus qu’elles ne le pensent. On est passé par là, nous aussi, et ça nous a réussi. J’espère que l’on va s’agrandir en termes d’effectif dans l’équipe également. On a de bonnes cadettes qui ont envie.
J’aimerais aussi que l’on rejoue le Nines en Angleterre, s’ils nous invitent une fois de plus, bien qu’on ait refusé la participation cette année à cause de toute l’implication que ça implique, on voulait plutôt se consacrer sur le championnat. Même si c’était à contrecoeur car c’est une expérience extraordinaire. On garde de super souvenirs de l’an dernier avec des victoires qu’on n’imaginait pas et perdre en demie, quel dommage !
Ensuite, j’espère plus de matchs internationaux, c’est également un point qui pourrait nous faire grandir, un championnat européen comme les garçons et les jeunes pourquoi pas nous ?
Après, je viens de passer une année remplie de remise en questions et j’aimerais faire tout cela, mais je ne sais pas si ça va pouvoir se faire. Je suis titulaire du concours de caporal de sapeurs-pompiers professionnel et je suis passé à côté de l’embauche dans mon département en passant mon entretien en visio en pleine Coupe du monde au lendemain d’un réveil après le match face à la Nouvelle-Zélande, difficile quand tout le monde dort, se repose et que moi, je dois sortir la tête du nuage pour 30 minutes d’entretien. Je suis passé à côté. 1 an que je suis lauréate et toujours pas embauché dans un département donc cette année, il me faut tout faire pour trouver un département qui voudra bien de moi au risque de devoir changer de département, mes plans vont peut-être devoir changer, mais je n’abandonnerais jamais le XIII pour autant même si je dois faire les aller-retour. J’adore mon sport, je ne l’abandonnerais pas, et je veux absolument participer à cette Coupe du monde à la maison en 2025. C’est mon objectif ultime avant peut-être devoir passer la main…



Quel courage elles ont ces filles