Du nouveau autour des circonstances du décès d’Archie Bruce
Les faits se déroulent en 2019 mais ne sortent au grand jour que ces temps-ci. Archie Bruce, jeune talonneur de Batley, est décédé après son premier match en pro face au Toulouse Olympique.
C’est une histoire sombre qui n’éclot qu’aujourd’hui après que les derniers résultats d’analyse ont été révélés. Pourtant, c’est en 2019 que ces faits tragiques ont eu lieu en plein cœur de Toulouse, un banal soir de match.
Les faits
Recontextualisons. Archie Bruce est un jeune joueur de rugby originaire de la banlieue de Leeds. En 2019, le talonneur de 20 ans s’entraine depuis un peu plus d’un an avec l’équipe première de Batley, engagée en Championship, 2ème division anglaise.
Lors de la 25ème journée de championnat, Batley est en déplacement sur la pelouse d’Ernest Wallon pour y affronter le Toulouse Olympique. Après la large victoire des locaux (46-0), les joueurs anglais de Batley profitent du voyage pour prendre une soirée plus tranquille et sortent entre eux pour faire la fête.
Cependant, le lendemain matin, au moment de quitter l’hôtel toulousain dans lequel ils logeaient, un joueur manque à l’appel. Archie Bruce n’est pas dans le hall comme tous ses coéquipiers et le staff part se mettre à sa recherche.
Et quelle ne fut pas la stupeur du coach assistant Lee Saint-Hilaire lorsqu’il découvrit son joueur inanimé, entièrement vêtu dans sa chambre d’hôtel. Après de nombreuses longues minutes à essayer de réanimer le jeune homme, les secours français annonce le décès.
Trente minutes plus tard, les médecins français ont mis fin à l’heure la plus longue de notre vie, nous confirmant qu’Archie était décédé.
La douleur de Batley
Matt Diskin, coach de l’équipe de Batley n’en revient pas. Il a la terrible responsabilité d’annoncer à ses joueurs qu’un de leurs amis ne fera pas le voyage retour et pire, d’annoncer à la famille que leur fils ne rentrera pas à la maison.
Leurs visages, et celui d’Archie ce matin-là, va me hanter toute ma vie.
Grâce à l’aide du club de Toulouse, les joueurs et le staff ont pu rentrer au plus vite en Angleterre, eux qui ressentaient un besoin pressant de quitter la ville et cet hôtel. Matt Diskin lui, est resté auprès des parents du jeune Archie Bruce afin de démarrer l’enquête pour révéler les causes de cette mort soudaine.
Déterminer les causes
Dès le lendemain du match, une enquête est ouverte pour déterminer les causes de la mort du jeune talonneur anglais. Cependant, bien que la piste criminelle soit rapidement écartée par les autorités françaises, l’enquête s’enlise et de moins en moins d’informations sont dévoilées.
Toutefois, les derniers résultats d’autopsie et d’analyses faits sur le corps d’Archie Bruce tombés récemment éclairent un peu plus la situation. Lors de sa soirée, le joueur anglais a cumulé la prise d’alcool à très forte dose, la cocaïne, probablement avant et après le match, ainsi que la prise de Tramadol, un puissant anti-douleur.
Les analyses post-mortem du sang d’Archie Bruce témoignent d’une dose « double voire triple à la dose considérée comme mortellement toxique ». Déclaré mort par asphyxie dans la nuit succédant le match, le cumul de ces trois éléments aurait agi comme un cocktail molotov dans le corps d’Archie Bruce, le faisant ainsi s’étouffer et mourir.
Un silence mortel
Le média anglais Tryline titre :
Silence is the loudest noise of all
Traduisez « Le silence est le bruit le plus fort qui soit ».
Bien que formellement interdite tant par la loi ainsi que par les différents codes du sport et des agences anti-dopage, la consommation de cocaïne est encore bien (trop) répandue dans le monde du rugby à XIII.
Toujours pour Tryline, un des membres de l’effectif de Batley expliquait même que :
Tout le monde savait (pour la consommation de cocaine), il ne fallait juste pas que cela s’ébruite trop, tant que c’était fait à l’abri des regards…
Une situation très peu stable et aidante pour un garçon « bien trop vulnérable et influençable » comme le décrit sa mère.
Le silence, il vient aussi des hautes instances du rugby à XIII anglais. Appelée par la famille d’Archie Bruce à prendre des décisions drastiques concernant les drogues et les produits dopants, la RFL a préféré critiquer une « attitude naïve de la part de M. Bruce » d’avoir consommé des drogues.
Ce n’est par ailleurs qu’en 2023 que la RFL s’est décidée à interdire la prescription de Tramadol pour les joueurs professionnels de rugby à XIII. Une décision qui intervient 4 ans après le drame de Batley.
Pourtant, aujourd’hui, 5 ans après le décès du jeune joueur de 20 ans seulement, les affaires de drogues et de dopage ne cessent de fleurir, peu importe les sports et les pays.
Une nouvelle occasion de prévenir que dans la recherche de la performance, aucune drogue ne vaut celle de la persévérance, du travail et de l’obstination.
This is Archie Bruce, who played for Batley. He died in 2019 from an overdose of cocaine, alcohol and tramadol, amidst a club culture of illegal drug use.
Large parts of the #RugbyLeague media have ignored his story. In this piece, I ask why?
READ:https://t.co/hPKNDDXXx0 pic.twitter.com/Cx5Zmp3pT9
— The Tryline 🏉 (@TrylineUK) March 18, 2024



Positif a n importe quelles drogues à but sportif ou festif , un an de suspension. Recidive suspendu à vie.
Cela ne résoudra pas le problème. Il faudrait que les clubs assurent un suivi médical strict. Mais pour que les clubs fassent recette on néglige ce suivi et un gamin de 20 ans est mort. C’est bien triste.