David Collado : « Il est important pour moi de laisser la place dans de bonnes conditions »
David Collado, ex-entraîneur de Villefranche XIII, fait un bilan sur son long passage dans le club de l’Aveyron.
Quel bilan fais-tu de cette saison ?
Un bilan mitigé, déçu de ne pas avoir pu se qualifier car c’était l’objectif de début de saison. Mais malgré tous les soucis rencontrés, les retards, les blessures, les joueurs ont tout donné jusqu’au dernier match. Avec 7 victoires et 4 bonus pour notre deuxième saison en Super XIII, le bilan n’est pas non plus ridicule. Je n’ai pas pu aligner mon équipe type une seule fois dans la saison, c’est une frustration, car je pense que nous aurions pu atteindre l’objectif. Faut l’accepter, c’est le sport.
Un départ acté alors que le club et surtout l’équipe progressent depuis plusieurs saisons en Super XIII, peut-on avoir les raisons de ce choix ?
Oui, effectivement, l’équipe et les joueurs progressent à ce niveau. Ça fait 7 saisons que je suis à Villefranche, des attitudes aux entraînements et des matchs perdus durant la saison m’ont fait prendre conscience que je n’avais plus le même impact sur l’équipe. Que mon discours s’éparpillait. C’est la fin d’un cycle, je sens que l’équipe a besoin d’une nouvelle dynamique, d’un autre discours. C’est la vie, quand on a ce ressenti, il faut pas faire l’année de trop, c’est ce que je veux éviter.
As-tu des regrets ou des choses que tu changerais sur tout ton passage à Villefranche ?
Villefranche est un super club, avec de très bons dirigeants qui sont passionnés, soutenus par la ville et ses élus. Quand les présidents Nicolas Alquier, Sébastien Marty et Jérome Gasc m’ont appelé, tout s’est très vite entendu, j’ai ressenti de la confiance, je n’ai vraiment aucun regret, j’ai donné mon maximum pour atteindre nos objectifs avec la confiance des présidents qui m’ont laissé carte blanche sur le sportif.
Les dirigeants, bénévoles, partenaires, supporters et joueurs m’ont témoigné beaucoup de respect et de bienveillance. Ce qui me permet de penser que je n’ai pas de regrets à avoir, même si on peut toujours faire mieux. Pour moi, c’est la plus belle des récompenses, quand on part, c’est pas partout pareil.
Quel bilan global fais-tu de ton arrivée à ton départ ?
Je pense que le bilan de mon passage est positif. À mon arrivée, le club n’était pas qualifié en Élite 2. Une finale perdue, un titre de champion en suivant, avec la montée en Super XIII. Aujourd’hui, avec le 9e budget du championnat, Villefranche est 9e du Super XIII et 7e l’an passé avec 10 victoires. Le COVID a perturbé nos objectifs dans le temps, mais n’a pas stoppé notre projet de vouloir être champion et de monter en Super XIII.
Nous avons pris le temps. Il fallait continuer de structurer le club à tous les niveaux, administratif, médical, sportif, financier, développer la formation avec un vrai projet. Les dirigeants ont fait un gros travail, même s’il y a encore des choses à améliorer, le club a des bases solides et peut voir l’avenir avec ambition. Je suis fier d’avoir pu contribuer avec l’ensemble des acteurs à faire évoluer le club. Ça a été une belle aventure, notre titre de champion Élite 2 invaincu restera un souvenir exceptionnel.
J’ai été très bien accompagné par le staff, Christian Lautrette à mon arrivée, puis Julien Larroque, Bastien Dintilhac, Vincent Guihen, Paul Fraysse, Il est important pour moi de laisser la place dans de bonnes conditions et que mes successeurs arrivent dans un contexte de qualité, c’est chose faite.
As-tu des pistes pour la saison prochaine ou vas-tu prendre une année sabbatique bien méritée ?
Non, pour l’instant je n’ai pas de piste, je ne ressens pas le besoin de prendre une année sabbatique, j’ai encore l’énergie, l’envie de transmettre et de coacher. On verra bien la suite, je m’interdis rien.
Qui vois-tu être champion de Super XIII ?
Carcassonne fait figure de favori au vu de sa saison exceptionnelle, mais sur un match en finale, Pia est capable, je pense, de déjouer les pronostics.


