Cyril Torres : « La confiance envers l’entraîneur doit y être dès le début »
Dans cet entretien, Cyril Torres, sélectionneur de l’équipe de France de Para rugby XIII, nous parle de son rôle d’analyste vidéo avec le staff et les joueurs.
On entend souvent parler de l’analyste vidéo, mais concrètement, quel est son rôle dans le staff ?
Aujourd’hui, au sein de l’équipe de France des handirugby, je suis sélectionneur et j’utilise aussi l’analyse vidéo pour essayer de contrôler par l’image ce que fait notre équipe et ce que fait l’équipe adverse.
Comment fais-tu passer les infos aux joueurs pour que ça reste simple et utile ?
On essaye de déterminer ensemble avec le groupe des points précis sur lesquels on va s’appuyer grâce à l’image. Du coup, on reste sur des choses vraiment simples et vraiment basiques, telles que les prises d’espace, les surnombres et plein d’autres petites choses.
Partager ton quotidien avec des entraîneurs et des joueurs de très haut niveau, qu’est-ce que ça t’a apporté ?
Ça m’a permis d’acquérir de l’expérience beaucoup plus vite. Aujourd’hui, quand vous avez fait partie d’un staff comme celui des Dragons avec Laurent Frayssinous, Jérôme Guisset, Steve McNamara, entre autres, voire dans un staff d’Elite comme celui de Limoux avec Daniel Wagon, Maxime Grésèque, Guillaume Mestre ou François Jovani, ça fait vraiment du bien de partager le rugby avec des garçons qui s’y connaissent. Ils ont de l’expérience et surtout ce sont des garçons qui, comme moi, sont passionnés par le rugby à XIII.
Comment construis-tu la confiance entre l’entraîneur et les joueurs ?
La confiance envers l’entraîneur doit y être dès le début. C’est l’entraîneur qui dicte les choix et les directions que je dois prendre dans mon rôle d’analyste. Donc du coup, je dois aussi faire confiance à l’entraîneur. Je dois lui apporter ma vision, mais pas que. Je dois surtout aller dans le sens de sa vision et moi construire par le biais d’images, de statistiques et de retours tout ce qui va faire qu’on va aller le plus loin possible ensemble.
Justement, entre le relationnel avec l’entraîneur, le travail spécifique avec chaque joueur et la mise en place de la stratégie collective, comment gères-tu tout ça ?
En fait, c’est un quotidien aujourd’hui. Le principal, c’est le rapport que j’ai avec mon entraîneur. Si on regarde les quatre dernières années avec Maxime, on s’appelait chaque jour au moins 4 ou 5 fois pour échanger sur les orientations à prendre pour tous les montages vidéo, discuter des statistiques, de leur signification et de la manière dont on les présentait. Après, le retour avec les joueurs est le plus facile. On démontre par l’image ce que les joueurs savent déjà. Vous savez, un joueur qui a fait un mauvais match, il le sait déjà. Maintenant, c’est lui montrer les images pour pouvoir permettre l’amélioration de sa technique, sa régularité et ainsi de suite.
Comment fais-tu pour que chaque joueur comprenne son rôle ?
Il faut déjà que je le comprenne moi. Le staff et l’entraîneur me donnent la direction dans laquelle je dois aller pour qu’on puisse déterminer les rôles par poste et par joueur. J’utilise la vidéo et les séquençages que je découpe pour aller dans ce sens. Les images d’entraînements ou de matchs sont prépondérantes. On peut y ajouter selon les actions, des qualifications quantitatives et qualitatives.


