Anas Naji : « Les regrets n’engendrent que mélancolie et tristesse »
Anas Naji, pilier du RC Salon XIII, revient sur sa belle carrière provençale et évoque ses envies pour l’après-rugby.
Anas, tout d’abord, peux-tu te présenter ?
Anas Naji. Consultant externe QHSE dans le secteur industriel, chef d’entreprise dans la signalétique, l’enseigne, le marketing… On me surnomme d’ailleurs Monsieur Enseigne. Bref, j’ai pas mal de casquettes, et pas seulement celles qu’on porte sur un terrain.
Côté rugby : ancien joueur du SOA, du RC Salon XIII, de Carpentras et de Toulon, entre autres. Je vous épargne la liste complète.
Pourquoi arrêter ta carrière maintenant, alors que tu es encore en forme ?
Merci pour le « encore » !
Plus sérieusement, c’est d’abord professionnel : je pars vers Lyon et je serai souvent en déplacement. Il y a aussi une déchirure du tendon pectoral qui n’a pas aidé à me convaincre de continuer.
Avec tous ces projets, je ne vais pas te mentir : je ne dors plus beaucoup. En ajoutant le sport par-dessus, j’avais besoin de souffler, de prendre un peu de hauteur, de découvrir un nouveau sport aussi, et surtout de profiter de mes proches.
Quels sont les éducateurs, entraîneurs et joueurs qui auront marqué ta carrière ?
Chez les éducateurs, Edmond Coye et Émilie, et plus largement l’école de rugby du RC Salon XIII : très formatrice, avec de vraies valeurs. Merci à eux.
Côté coachs : Renaud Guigue, en Élite 1, qui a cru en moi et qui m’a fait travailler. J’ai beaucoup aimé nos échanges, il appréciait mon agressivité et il m’a fait confiance malgré mes déplacements. Merci encore à lui.
Rachid, et tu le sais bien, puisque c’est toi ! Un super coach, qui m’a fait découvrir le haut niveau et l’exigence. Celui qui me disait que je « jouerais dans n’importe quelle équipe d’Élite 2 », et qui m’a poussé à finir 3e aux jambes.
Eddy Gross, avec qui j’ai commencé tout jeune à Salon. C’est lui qui m’a mis le pied à l’étrier, et il m’a fait revenir à Salon pour sa dernière saison avec le club. Merci à lui.
Jérôme Alonso et Gaël Tallec, qui m’ont révélé à Carpentras. Un vrai duo de meneurs d’hommes, capables de fédérer un groupe et de le tirer vers le haut. Ensemble, on a vécu une saison incroyable, de celles qu’on n’oublie pas. Merci à eux.
Et à Toulon, M. Limongi. Je ne l’ai côtoyé que peu de temps, et malgré quelques petites histoires en dehors du terrain, c’est un super coach et une super personne. Je me suis régalé pour le peu que j’ai joué là-bas, le Covid en a décidé autrement, j’aurais aimé en profiter davantage. C’est comme ça.
Côté joueurs, j’ai eu la chance d’évoluer aux côtés de très grands : Jack Payne, Tony Gigot, Olivier Arnaud… et j’en oublie.
Mais surtout, je me suis fait des amis pour la vie. Des frères. Valentin, Ayoub, Karim, Mouadh, Yacine, Kiyam, Sofiane, Mathias… et je m’arrête là, sinon on va croire que je pose une dédicace à la SCH.
Des mecs en or, que je côtoie encore au quotidien et que j’appelle régulièrement. Le rugby m’a offert ces rencontres-là, et c’est sans doute ce que je retiens de plus précieux.
Ils se reconnaîtront tous. Je vous aime, et ce n’est pas un arrêt qui changera quoi que ce soit.
As-tu des regrets quand tu regardes dans le rétro ?
Aucun. Comme le disait Édith Piaf : « Non, je ne regrette rien. » Les regrets n’engendrent que mélancolie et tristesse. Et puis un jour, je reprendrai avec ma bande de copains dans un club, et on sera champions. On s’est fait la promesse. Donc disons que c’est plutôt une pause qu’un arrêt.
Quelles sont tes envies après le rugby ?
Travailler et développer mon entreprise, parce que là aussi, on est une équipe avant tout. Et profiter des miens. Simplement.
Rachid Amraoui : « Anas Naji, le joueur que tout coach rêve de coacher un jour dans sa carrière, promis on rebossera ensemble avant la retraite. »



Merci aux deux compères de l interview