François Thérésin : « Je fais le deuil de ma carrière de joueur »
François Thérésin, ailier de Palau XIII, revient sur sa longue carrière et évoque ses ambitions après le rugby.
François, peux-tu te présenter ?
François Thérésin, 37 ans, marié, 1 enfant. J’ai commencé le rugby à XIII en 2000 à 12 ans dans le club de Saint-Estève, après avoir emménagé dans le 66. Une carrière de 18 ans en première en passant 5 ans à Carcassonne (la dernière année terminée avec Villegailhenc), 4 ans à Limoux, 4 ans à Palau, 4 ans à Pia et la dernière à Palau.
Pourquoi arrêtes-tu ta carrière maintenant alors que tu es encore en forme à l’aile ?
En effet, je suis encore en forme et performant, mais je préfère mettre ma santé en priorité. On m’a annoncé l’année dernière que je devrais avoir une prothèse d’épaule et que tout ce que je pouvais faire, c’est gagner du temps pour le faire le plus tard possible. Le rugby n’est pas vraiment la meilleure activité pour la préserver. Donc je me suis donné cette dernière saison pour en profiter au maximum avec ce nouveau groupe composé d’anciens coéquipiers mais surtout de nombreux jeunes à qui je pouvais faire profiter de mon expérience. Tout le monde me charrie en disant que je ne vais jamais m’arrêter, mais la santé avant tout, ma décision est prise.
Quels sont les éducateurs, entraîneurs et joueurs qui auront marqué ta carrière ?
J’ai en tête pas mal d’entraineurs qui m’ont fait évoluer. D’abord, Alain Lopez qui a été mon premier entraîneur à l’école de rugby de Saint Estève. Ensuite le duo Jean-Marc Ayel et Serge Perez de minime à cadet. J’ai passé un cap en junior à l’UTC avec le duo Laurent Garnier et Pascal Jampy accompagnés de Julien Lehuby en préparateur physique à qui je demandais beaucoup de conseils. C’est le moment où je me suis mis à travailler toujours plus dur pour progresser. C’est d’ailleurs Laurent Garnier qui m’a trouvé le contact pour partir à Bradford où j’ai pu travailler avec Steve McNamara, qui m’a, lui aussi, beaucoup fait progresser. Olivier Janzac à Limoux, sa maîtrise technique, tactique et sa bienveillance ont permis au club d’être champion deux années de suite. Avec aussi Loïc Carpene qui a amené une vision plus « moderne » de la préparation physique en privilégiant plutôt la force et la vitesse, là où les autres privilégient plus souvent la masse musculaire ; et je partage complètement ce point de vue.
Ensuite j’ai adoré travailler avec Thomas Valette à Pia, que j’assistais les deux premières années en tant que préparateur physique ; c’est quelqu’un de très humain qui connaît très bien le jeu. Je suis sûr que son nouveau poste à Saint-Estève permettra aux jeunes de se développer au mieux. Et pour finir, la surprise de cette année, Nabil Djalout et Stan Robin, la défense et l’attaque. Première expérience d’entraîneur pour les deux, qui, je trouve, a été concluante. Je craignais le tempérament de Nabil, ayant joué avec et contre lui, mais finalement ses responsabilités en tant qu’entraîneur ont fait de lui quelqu’un de bien plus calme et raisonné. Et Stan, qui a joué demi toute sa carrière, connaît le rugby sur le bout des doigts et essaie de le transmettre au mieux à ses joueurs. J’espère qu’ils continueront.
As-tu des regrets quand tu regardes dans le rétro ?
Pas de regrets, je pense que la vie m’a mené là où j’en suis aujourd’hui. Il y a eu des hauts, des bas, mais chaque expérience m’a appris des choses et m’a fait grandir. J’ai rencontré ma femme, eu un fils qui a 6 ans maintenant. Non, aucun regret.
Quelles sont tes envies après le rugby ?
Tout le monde me dit de me mettre au padel. Je n’ai pas d’envie particulière, profiter de mes week-ends avec ma famille et mes amis sans me préoccuper d’un calendrier sera une première pour moi. Je continuerai à m’entraîner physiquement, et sur le plan professionnel, à continuer à développer mon activité de coaching. On me demande si je suis intéressé pour faire la préparation physique… oui… mais aujourd’hui, je m’éloigne des terrains, je fais le deuil de ma carrière de joueur. On verra demain.


