Sonny Bill Williams : « J’étais dépassé, je ne me comprenais pas moi-même, pourquoi j’étais tombé si bas »
À 23 ans et alors qu’il était une star montante en NRL, Sonny Bill Williams claque la porte des Bulldogs et se réfugie en France pour jouer à XV. Avec la sortie de son livre, on en sait un peu plus sur les coulisses de cette histoire.
Souvenez-vous, en 2008, alors que Sonny Bill Williams est une star en NRL, il disparait en France et annonce vouloir jouer pour les All Blacks. Caprice, attrait de l’argent, beaucoup de raisons seront évoquées sur son départ, certains lui en voudront, d’autre pas. Il lui faudra quelques exploits et un retour en NRL pour que les treizistes lui pardonnent.
Champion et Rookie de l’année en 2004 avec les Bulldogs, international avec la Nouvelle-Zélande, il vit quelques années plus compliquées sur le terrain par la suite à cause de blessures mais reste une star du championnat. En 2007, il resigne même pour 5 ans, mais n’honorera pas ce contrat. Aujourd’hui, dans son livre « You can’t stop the sun from shining » (Vous ne pouvez pas empêcher le soleil de briller), il se livre sur les véritables raisons de son départ, celles qu’il n’a pas eu le courage et la force d’exposer au grand public à l’époque.
Tout à coup j’étais un personnage public. Comment un garçon timide est supposé gérer cela ? Ce n’est pas quelque chose de normal. Je n’avais personne pour me guider. Alors j’ai trouvé mes propres méthodes. J’ai commencé à fumer avant de sortir ou prendre des somnifères pour me détendre. J’essayais d’éloigner la peur.
Une fois, j’ai pris une cuite qui a duré du vendredi au lundi. La seule raison pour laquelle je suis rentré chez moi, c’est parce que je savais que j’avais une opération chirurgicale prévue le lundi à 11h du matin. Je ne me rappelle de rien, à part qu’à mon réveil, ma compagne pleurait à mon chevet et que le docteur m’a dit qu’il y avait tellement de drogues dans mon corps que j’aurai pu mourir.
J’ai pensé que je devais me sortir de là, faire un break.
J’étais dépassé, je ne me comprenais pas moi-même, pourquoi j’étais tombé si bas. Je ne savais pas comment l’expliquer aux médias, aux fans des Bulldogs, aux coachs, au staff.
Sonny Bill Williams évoque également sa conversion à l’islam qui n’a pas forcément était bien vue par son environnement de l’époque et du racisme dont il a été victime. Une raison supplémentaire à sa fuite, une fuite pour la survie.
À l’époque, lorsque le joueur performait sur le terrain, peu se souciaient de ce que pouvait être sa vie en dehors. Les exemples de joueurs avec des problèmes de drogues, d’alcool ou de dépression sont encore nombreux en NRL et ailleurs. Même si les instances et les clubs sont plus sensibles à ces sujets et à l’écoute, il reste encore des progrès à faire dans ce domaine à une époque où les médias et les réseaux sociaux peuvent peser lourds sur la santé mentale des joueurs professionnels. Le témoignage de Sonny Bill Williams est important pour les nouvelles générations et montre sa force de caractère, caractère qui a fait de lui un grand champion.
Sonny Bill Williams has waited 13 years to tell the true story behind his infamous walkout on the Bulldogs in a book that finally provides some perspective on why he felt he had to get away from the toxic culture of the NRL | @Danny_Weidler https://t.co/AyCJcuJo5J
— SMH Sport (@SMHsport) October 3, 2021


