Pas de pression Brodie !
Étincelant lors de ces premières sorties en carrière, il a été annoncé comme le nouveau Cooper Cronk. Après son éclosion au Storm, il est temps de prendre son envol chez les Broncos.
Il y a presque deux ans, Brodie Croft me permettait d’intégrer l’équipe de Treize Mondial. Un premier article sur l’ami Brodie qui m’avait emballé en seulement 5 petits matchs. Grâce à ma boule de cristal opaque, je lui prédisais un avenir chez les Maroons et même chez les Kangourous. Deux saisons plus tard, Croft a pris un peu de retard.
Première saison : les montagnes russes
Fort de ces très bonnes premières performances, Craig Bellamy voit aussi clair que moi et installe Brodie titulaire à la charnière du Storm. Portant le lourd héritage de Cooper Cronk sur ses épaules, le bilan est de 3 défaites en 5 matchs. Suffisant pour faire redescendre Croft avec la réserve. Management intelligent pour un jeune qui s’était peut-être vu trop beau trop vite ? Peut-être. D’autres rumeurs rapportent que Cameron Smith n’apprécierait guère le nouveau venu. En même temps il remplace son compère de toujours et Cameron l’a sans doute mauvaise. En tout cas Brodie Croft va passer la majeure partie de la saison avec la réserve, ce qui, au Storm, n’est pas un cadeau. Effectivement la réserve est basée dans le Queensland (bonjour Laurent Garnier) et Brodie va accumuler les miles sur sa carte.
Il reviendra pour la fin de saison, emmenant le Storm jusqu’en finale. Mais on ne détrône pas les légendes comme ça et c’est Cooper Cronk passé chez les Roosters qui aura le dernier mot. Le tout avec une épaule dans la boîte à gants. « C’est qui le patron ? »
Deuxième saison : victime de Papen
Perdre contre Cooper Cronk et les Roosters, rien d’alarmant. Brodie a bien compris la leçon de la saison passée. On repart donc comme en 2018, avec un Croft titulaire en 7. Et la saison se passe bien, très bien même. Meilleure attaque et meilleure défense du championnat. Le jeu n’est pas très convaincant, surtout en début de saison, mais ça fonctionne.
Cela se passe même presque trop bien. Je m’explique. Craig Bellamy a des problèmes de riches, beaucoup de joueurs émergent au plus haut niveau : Brandon Smith, Jahrome Hughes, et surtout Ryan Papenhuyzen. Ce dernier est éblouissant lorsqu’il entre sur le terrain, avalant les mètres comme des poignées de cacahuètes et rebondissants sur ses adversaires comme un Culbuto. Pas de problèmes pour Bellamy, il met tout le monde dans ses 17. Jouant parfois avec un pack très léger mais hyper mobile. L’idée germe de plus en plus dans la tête du coach de titulariser Papenhuyzen à l’arrière. Sûrement bien aidé par une inception de Cameron Smith (alors elle tombe la toupie ou pas ?).
Evidemment, la victime aurait pu être Jahrome Hughes, l’arrière titulaire mais non. C’est encore Brodie qui va se faire éjecter et perdre sa place pour les derniers rounds et les playoffs. Résultat défaite contre Canberra et défaite contre les Roosters synonyme d’élimination. Croft fini la saison avec 82% de victoires et Papenhuyzen 72%. Mais tout va bien.
Le changement c’est maintenant
L’intersaison va confirmer la fin de saison. Melbourne ne compte pas sur Brodie Croft. En plus, Cameron Smith a rempilé. Le Storm a même communiqué sur un possible changement de poste pour Cameron, à la mêlée. Tout sauf Brodie en somme. Heureusement pour lui, les clubs dont la charnière est vacillante sont nombreux. Voilà donc l’ami Brodie chez les Broncos.
Pas de pression Brodie ! Il suffit juste de mener un des packs les plus dominants de la ligue. De suivre les pas de Darren Lockyer ou Allan Langer. La comparaison avec ce dernier a déjà été faite dans la presse de Brisbane d’ailleurs. Pas le club le plus facile pour éviter la pression médiatique. Mais Brodie commence à avoir les épaules larges. Espérons simplement qu’il ne fasse pas à nouveau les frais de possibles dysfonctionnements qui ne sont pas de son fait. Je commence à avoir de moins en moins confiance en Darius Boyd ou Anthony Milford.
Quoi qu’il en soit, Brodie Croft devrait avoir les clés du camion avec dans la remorque, Payne Haas, David Fifita, Tevita Pangai Junior, Joe Ofahengaue etc… Donc poussez vous, les Broncos arrivent en ville et ils ont un chauffeur.
Julien Castagnet


