La jurisprudence Théo Fages
Ce soir face à Salford, Théo Fages pourrait enchaîner sa quatrième titularisation en autant de rencontres cette année. Retour sur le parcours atypique du demi français qui brille en Super League.
Formé à Pia, le jeune Théo Fages ne passera jamais par la case Dragons Catalans et pour cause il décide de rallier l’Angleterre et Salford en juillet 2011 alors qu’il n’a pas encore 17 ans. Il est le seul joueur français sur ces dernières années à s’être installé durablement en Super League sans ne jamais avoir évolué au sein de la franchise perpignanaise, même dans les catégories de jeunes.
Aujourd’hui il est le Français le plus régulier en Super League, comme quoi le parcours de Théo Fages, aussi rare soit-il, peut porter ses fruits. Franchir le cap pour quitter la France si jeune et s’installer seul dans le Nord de l’Angleterre ne sont pas tâche aisée, mais représente pourtant une véritable alternative pour les jeunes Français afin de devenir joueur professionnel sans passer par la case Dragons Catalans ou par un pôle formateur.
L’idée n’est pas de dire que la formation française n’est pas qualitative, bien au contraire, juste qu’il est possible pour des jeunes français de partir très tôt en Angleterre pour tenter leur chance. Si Théo Fages est un des rares exemples de cette réussite, on peut aussi évoquer deux autres joueurs qui évoluent en Super League et qui ont aussi eu un parcours atypique, Benjamin Garcia, parti tôt en Australie, ou Benjamin Jullien parti en Grande Bretagne.
Si pour Théo Fages il n’y a, pour le moment, pas eu de retour, pour les deux Benjamin c’est aux Dragons Catalans qu’ils évoluent après avoir fait une partie de leurs classes à l’étranger. Partir pour revenir plus fort pourrait être une devise même si l’expatriation ne marche pas à chaque fois, comme le cas d’Etienne Ferret en 2014 ou celui plus récemment de Thibault Franck en 2018.
Il n’y a pas de vérité pour se former et se préparer au plus haut niveau, mais la trajectoire de Théo Fages et sa réussite aujourd’hui confirme que l’exil jeune est une des alternatives crédibles pour les jeunes tricolores.


