Aurélien Cologni : « L’équipe de France peut regarder devant sereinement »
Quelques jours après le succès des Bleus lors de l’Euro 2018 et la qualification pour la Coupe du monde, nous avons rencontré Aurélien Cologni pour revenir sur les performances de la France et évoquer la suite des opérations.
Aurélien, 3 victoires, le titre et la qualification pour la Coupe du monde, contrat rempli ?
Le contrat est rempli à 100 % mais il n’y a pas que ça, au-delà des objectifs comptables, il y a un groupe qui se forme et qui vit bien ensemble. Ces résultats sont le fruit du travail qui a été fait avec le groupe toute l’année, on a réussi à additionner les compétences et les caractères pour que cela fonctionne. C’est une vraie réussite pour tout le groupe, les joueurs mais aussi tout le staff et on peut tous regarder devant plus sereinement.
Si tu devais classer les matchs de l’Euro du plus au moins abouti ?
Le plus abouti c’est contre le Pays de Galles. On a surpris par notre jeu, les Gallois ne s’attendaient pas à cela mais plus à un contenu stéréotypé et classique. On a bien réussi à ouvrir le jeu pour jouer avec du feeling et cela a fonctionné. Et ce qui m’a vraiment plu c’est qu’on a réussi à proposer du jeu ouvert tout en maîtrisant les choses. Les joueurs ont collé au plan mis en place pendant 80 minutes, ils ont bien réussi à se trouver car on s’est bien servi du match de préparation contre l’Angleterre. On a frappé un grand coup pour entrer dans cette compétition, c’est ce qu’on avait demandé aux joueurs, d’être présent et à fond dès le début du premier match.
Ce match nous a rassuré d’un côté mais cela nous a un peu déstabilisé pour la suite. Je pense qu’à cause de ce très bon premier match on a fait preuve d’un peu de suffisance offensivement sur les matchs de l’Irlande et l’Ecosse. Contre l’Irlande on a fait preuve d’une grande solidarité défensive mais c’est vrai qu’on leur a rendu trop de ballons par manque de patience en seconde période. Ce que je note, c’est que l’état d’esprit a vraiment été au rendez-vous sur les trois matchs, même dans les temps faibles.
Si tu devais sortir du lot quelques joueurs, lesquels serait-ce et pourquoi ?
Quand je regarde les performances des équipes de France, peu importe la discipline, je me rends compte que dans une équipe il y a des magiciens, des meneurs, des travailleurs de l’ombre, des joueurs qui amènent du confort, d’autres de la confiance. Et je pense que tous, peu importe leur catégorie, ont été un bout du puzzle dont on avait besoin, on a créé une bonne alchimie.
Jason Baitieri et Tony Gigot ont été les socles de la création du groupe, un parce que c’est un patron, l’autre parce que c’est un génie. Théo Fages qui est un métronome, Lucas Albert qui a cette fraîcheur. Bastien Ader qui est un centre rigoureux avec Marcon qui a été très efficace. Morgan Escaré qui est un très bon finisseur et un détonateur. Mickael Goudemand, Benjamin Jullien et Rhys Curran qui ont été très perfectionnistes dans le jeu en travaillant en permanence. Romain Navarrete qui a été un fer de lance et qui a ce côté très sécurisant. Alrix Da Costa métronome derrière le tenu, il a franchi un cap. Lambert Belmas est un joueur qui a franchi un palier avec l’équipe de France. Sur le denier match Gavin Marguerite a montré qu’il avait un sacré potentiel, Hakim Miloudi qui a ce côté feu follet.
On peut tous les prendre un par un et chacun amène un plus au groupe. À la sortie ça donne un groupe qui vit bien et une équipe qui joue bien.

Quelles sont les prochaines échéances pour le XIII de France ? Qui aimerais-tu affronter en 2019 ?
Avec le groupe suivi, il y a deux matchs prévus, les Dragons Catalans et BARLA, qui seront d’un niveau bien au-dessus de la Serbie, et en fin d’année essayer de jouer soit l’Irlande, le Pays de Galles ou l’Ecosse qui auront sûrement besoin d’un match de préparation. Cela peut être intéressant avec des joueurs amateurs de se frotter à une de ces équipes.
Pour l’équipe de France, il y a peut-être les Papous qui viendraient en tournée et j’ai aussi envie de jouer contre des équipes du Pacifique, il y a encore rien de fait mais on y travaille. On veut commencer de jouer ce genre d’équipe dès l’année prochaine.
On est à trois ans de la Coupe du monde, est-ce que par rapport au plan de marche imaginé, tu es dans les temps ?
Je pense qu’il ne faut pas aller trop vite, il faut construire pierre par pierre, une équipe nationale c’est compliqué car c’est une addition de joueurs et une alchimie à trouver en peu de temps. La 1ère et 2ème année, je voulais reconstruire un état d’esprit et une fierté d’être en équipe de France. Sur la 2ème et 3ème, je veux construire un fond de jeu et bâtir une équipe avec des liens. Enfin 3ème et 4ème année, c’est de jouer contre les meilleures équipes pour amener de la difficulté et mettre à l’épreuve le groupe.
Je suis parfaitement dans les clous et c’est aussi parce que j’ai un staff compétent pour m’aider, les assistants ou le staff médical. La fédération fait aussi des efforts en termes de structure, elle a investi dans une salle de musculation et des GPS pour les joueurs. Tout se met en place pour que dans trois ans on arrive à la Coupe du monde en Angleterre avec ce qu’il faut, la structure, l’équipe, le staff et tout le monde soudé. Je travaille à la constitution d’un groupe France dans son ensemble avec 2021 en ligne de mire !


