Rémi Dufour : « Installer durablement le Toulouse Olympique XIII parmi les clubs de référence du Super XIII »
Rémi Dufour, président du Toulouse Olympique Élite, revient sur la saison écoulée et évoque ses ambitions pour les années à venir.
Rémi, peux-tu te présenter ?
Je suis aujourd’hui président de l’association du Toulouse Olympique XIII, mais avant tout un passionné de rugby.
Mon parcours a commencé au rugby à XV. J’ai été formé au Stade Toulousain avant de poursuivre à Balma, où j’ai effectué toute ma fin de formation jusqu’en seniors, en participant notamment à la montée du club de Fédérale 3 à Fédérale 2.
À cette époque, grâce au décalage des catégories d’âge entre le XV et le XIII, j’avais encore la possibilité d’évoluer en juniors. J’ai alors rejoint des amis au Toulouse Olympique XIII, et c’est là que mon histoire avec le rugby à XIII a véritablement commencé.
À la fin de ma saison junior, j’ai eu l’opportunité de partir deux ans en Australie pour évoluer en Sydney Shield avec les East Campbelltown Eagles, ma deuxième famille avec qui j’ai toujours énormément de liens. Une expérience exceptionnelle, conclue par un titre de champion en 2016, qui m’a énormément fait grandir, tant sur le plan sportif que personnel.
Souhaitant poursuivre mes études, je suis ensuite rentré en France et j’ai rejoint les Toulouse XIII Broncos en tant que joueur. En 2018, mes activités professionnelles m’ont conduit à mettre un terme à ma carrière sportive. Ne pouvant pas lâcher le terrain, j’ai alors choisi de continuer à servir le club autrement, en épaulant le président de l’époque, Jean-Luc Pecetto.
J’ai d’abord occupé les fonctions de manager général, avant de lui succéder à la présidence. Dans l’intérêt d’avoir un club unifié, nous avons fait le choix de fusionner les Toulouse XIII Broncos avec l’association du Toulouse Olympique XIII. Enfin, en 2024, j’ai repris seul la présidence de l’association TO XIII, avec l’ambition de reconstruire un projet financier solide après plusieurs années compliquées liées à l’ancien mandat.
Aujourd’hui, mon objectif est clair : structurer durablement le club, poursuivre son développement sportif et faire en sorte que le Toulouse Olympique XIII retrouve toute la place qu’il mérite dans le rugby à XIII français.
Quel bilan fais-tu de la saison du TO XIII Élite qui a réalisé une très belle saison comparée aux précédentes saisons plus complexes ?
Oui, les dernières saisons ont été compliquées, notamment sur le plan financier. C’est justement ce qui nous rend particulièrement fiers du travail entrepris depuis plusieurs années. Nous avançons étape par étape et nous continuons à progresser, aussi bien sur le plan sportif que dans la structuration du club.
Je tiens d’ailleurs à saluer des clubs comme Albi, avec qui nous entretenons d’excellentes relations. Ils réalisent un travail remarquable et démontrent, comme nous, qu’il est possible de construire un projet solide autour de la formation.
Notre association fonctionne avec un budget d’environ 420 000 €, toutes catégories confondues, y compris la Super XIII. Malgré cela, nous faisons le choix d’investir dans notre avenir avec deux salariés à temps plein entièrement dédiés à la formation, de l’École de Rugby jusqu’au Centre de Formation.
Le bilan sportif est donc très positif. Cette saison a confirmé que le travail de fond finit toujours par porter ses fruits. Après plusieurs années de reconstruction, nous avons retrouvé de la stabilité, de la confiance et une véritable identité de jeu. Les joueurs, le staff, les bénévoles et l’ensemble des personnes qui gravitent autour du club ont tous œuvré dans la même direction.
Bien sûr, il reste de la frustration de ne pas être allés encore plus loin, mais cette saison constitue une base solide pour la suite. Elle prouve que le Toulouse Olympique XIII est de nouveau capable de rivaliser avec les meilleures équipes du championnat.
Au-delà des résultats de l’équipe, il ne faut jamais perdre de vue notre vocation. Notre mission est de former les joueurs professionnels de demain. Chaque saison, deux ou trois jeunes issus de notre Centre de Formation signent un contrat professionnel. C’est probablement notre plus belle victoire.
Je suis convaincu que plus les clubs investiront dans la formation des jeunes, plus le rugby à XIII français en sortira grandi. Au Toulouse Olympique XIII, nous donnons leur chance à tous ceux qui sont prêts à la saisir.
Comment former des joueurs capables de jouer en Super League selon toi, car concrètement il y a Pierre-Jean Lima qui est issu de l’école de rugby du TO à partir de benjamins, les autres joueurs étant arrivés plus tard au TO comme Laguerre, Marcon, Marion, Jussaume, etc. ?
Former un joueur de Super League ne se résume pas aux années passées au Centre de Formation. C’est un parcours qui débute souvent dès le plus jeune âge dans les écoles de rugby, avant de se poursuivre au fil des différentes étapes de son développement.
Pierre-Jean Lima en est un très bon exemple. Il est issu de notre école de rugby et a effectué tout son parcours au Toulouse Olympique. D’autres joueurs, comme Laguerre, Marcon, Marion ou Jussaume, sont arrivés plus tard au club. Nous ne revendiquons pas leur formation initiale, car celle-ci revient aussi aux clubs qui les ont accompagnés avant nous. En revanche, nous sommes fiers d’avoir participé à leur progression et de les avoir aidés à franchir un cap vers le haut niveau.
À mon sens, la clé est d’offrir un environnement exigeant, un encadrement de qualité, du temps de jeu et une véritable passerelle entre les catégories de jeunes, le Super XIII et l’équipe professionnelle. Les jeunes doivent sentir qu’il existe un chemin concret vers le plus haut niveau. Notre ambition n’est pas de revendiquer la formation d’un joueur, mais d’avoir été un acteur déterminant de son parcours vers le haut niveau.
C’est précisément la philosophie du Toulouse Olympique. Nous voulons être un club qui détecte, accompagne, développe et fait progresser les joueurs. Tous n’atteindront pas la Super League, mais si chaque année plusieurs jeunes franchissent un cap et que certains accèdent au plus haut niveau, alors nous aurons rempli notre mission.
Au final, notre plus grande fierté ne sera jamais de compter le nombre de titres remportés, mais de voir des jeunes, qu’ils aient effectué tout ou partie de leur parcours chez nous, réaliser leur rêve de devenir joueurs professionnels.
Où en est le recrutement pour la saison prochaine et le staff est-il maintenu ?
Le recrutement avance conformément à ce que nous avions prévu. Notre priorité était de conserver l’ossature du groupe qui a réalisé cette belle saison, tout en apportant quelques renforts ciblés pour franchir un nouveau cap.
Concernant le staff, notre volonté est de poursuivre dans la continuité. Le travail réalisé cette saison a été de qualité et nous avons confiance dans les personnes en place pour poursuivre le développement du projet sportif.
Des ajustements seront également apportés au sein du staff avec l’arrivée de nouveaux profils. Ils viendront compléter les compétences déjà présentes et nous permettront de gagner encore en qualité dans notre accompagnement des joueurs et dans notre fonctionnement au quotidien.
Comment vois-tu les saisons qui arrivent et quels sont tes objectifs en tant que président ?
Notre ambition est d’installer durablement le Toulouse Olympique XIII parmi les clubs de référence du Super XIII. Pour cela, nous devons continuer à professionnaliser notre fonctionnement, développer la formation, renforcer nos partenariats, notamment institutionnels avec les écoles, collèges et lycées, et offrir aux joueurs un environnement toujours plus performant.
Comme vous avez pu le constater, le développement du rugby féminin fait également partie des axes majeurs de travail du club. Mes équipes connaissent mes ambitions sur ce sujet et je tiens à les remercier sincèrement pour le travail réalisé au quotidien. De belles évolutions sont à venir dans les deux prochaines années sur cet axe.
En tant que président, je souhaite avant tout construire un club solide, structuré et pérenne. Les résultats sportifs sont évidemment importants, mais ils sont avant tout la conséquence d’une organisation saine et d’un projet cohérent.
L’objectif de mon conseil d’administration est de continuer à faire grandir le club, tout en restant fidèles à notre ADN : former, accompagner et donner leur chance à nos jeunes. Si nous poursuivons dans cette direction, je suis convaincu que le Toulouse Olympique XIII a de très belles années devant lui.
Sur un plan plus personnel, comme je l’ai évoqué, j’ai commencé cette aventure en 2017 à l’âge de 23 ans. J’entame aujourd’hui ma dixième saison. Mon objectif est de laisser une empreinte d’ambition et de démontrer que tout est possible, tout en assurant une base solide, notamment financièrement.
Ce serait pour moi la plus grande réussite, après les années difficiles que nous avons traversées. Je me souviens encore de la période du retour à Arnauné, sans club-house, où je tenais une table pour vendre des canettes. Aujourd’hui, voir autant de personnes nous rejoindre et s’investir dans le projet est une vraie fierté, et je les en remercie.
Enfin, en fin de saison prochaine, mon mandat prendra fin. Pour la suite, l’avenir s’écrira au moment venu, avec l’envie de rester ouvert à d’autres perspectives.



Bien vu ! c’est très bien que la « réserve » ait sa propre ambition sa propre personnalité !Bravo !
je suis perdu il y a TO XIII et TO XIII c’est complex
Et on aime l’ambiance du stade Arnauné et les efforts de l’équipe de Super XIII. Venez nombreux pour l’encourager!
Et, ils n’ont pas de projet pour le stade Arnauné parce que avec une seule tribune cela n’amène pas beaucoup de monde au stade ?…..
deja la remplir avant de penser extension