Leïla Bessahli : « Arriver dans les meilleures conditions pour la Coupe du monde, qui approche à grands pas »
Leïla Bessahli, joueuse des Déesses Catalanes et de l’équipe de France féminine, revient sur sa saison en Australie et évoque ses objectifs pour la fin d’année 2026.
Comment se passe ton séjour en Australie sportivement et socialement ?
Mon séjour en Australie se passe très bien. J’ai beaucoup de chance d’avoir le soutien de mes proches en France, mais aussi celui de Pierre Vandôme sur place, qui est toujours présent au moindre besoin ou à la moindre difficulté. L’Australie est un pays où il est assez simple de vivre, ce qui facilite énormément mon adaptation, même si le manque de la France et de mes proches se fait parfois ressentir.
Socialement, c’est très différent de la France. Ici, on s’entraîne, on joue les matchs, puis chacune rentre chez elle. Les moments de partage après les rencontres sont assez rares. Heureusement, j’ai la chance d’être entourée de Jayde Herdegen, une joueuse australienne qui a évolué avec nous cette saison, de Pierre Vandôme qui me fait découvrir les plus beaux endroits de Sydney, de Justine Roses, des frères Miloudi avec qui j’échange régulièrement, ainsi que d’un ami de Perpignan installé à Sydney. Grâce à eux, je peux voir du monde, sortir, partager de bons moments et surtout parler français.
Que penses-tu du niveau dans lequel tu évolues ?
Le niveau est incroyable. Tout va très vite : le jeu, les passes, le placement, l’attaque, la défense… absolument tout. Je prends énormément de plaisir à m’entraîner et à jouer avec cette équipe. Cela me permet de progresser dans tous les secteurs de mon jeu et de repousser mes limites.
Quelles sont les grandes différences avec le championnat français et la Cup que tu as jouée avec les Déesses ?
Les différences sont nombreuses. Tout d’abord, les moyens mis à disposition des clubs sont impressionnants. Toutes les joueuses bénéficient d’un suivi complet avec des kinésithérapeutes, un préparateur physique, des séances de musculation encadrées, des entraînements de qualité et même des GPS lors des entraînements et des matchs. Aucun détail n’est laissé au hasard.
Ensuite, la concurrence est immense. Le nombre de joueuses est impressionnant, ce qui tire le niveau vers le haut. J’apprécie également le mérite sportif. Ici, si tu réalises un très bon match le dimanche, tu peux être récompensée en montant dans l’équipe supérieure la semaine suivante. À l’inverse, si tes performances baissent, tu peux redescendre. Cela pousse chaque joueuse à donner le meilleur d’elle-même en permanence.
Le rythme du championnat est aussi différent. Après une longue pré-saison, les matchs s’enchaînent tous les dimanches, ce qui permet de progresser rapidement. La visibilité est également bien supérieure. Tous les matchs sont filmés et, à ce niveau, diffusés en direct. Il existe un site qui regroupe les compositions d’équipe, les statistiques, les résultats et toutes les informations autour des rencontres. C’est une vraie mise en valeur du rugby féminin.
Enfin, les matchs sont rémunérés et cette reconnaissance est appréciable. Je pense que le niveau de jeu est aussi élevé grâce au très grand nombre de joueuses, qui permet à chacune d’évoluer dans un championnat correspondant à son niveau et de progresser chaque semaine.
L’équipe de France U20 a affronté l’Angleterre. Que penses-tu de ce choix de faire une équipe U20 ?
Je trouve que c’est une excellente initiative. Cela montre que le rugby féminin continue d’évoluer et qu’on lui accorde de plus en plus d’importance. Cette équipe permettra de mettre en lumière les jeunes joueuses, de leur faire acquérir de l’expérience internationale plus tôt et de les préparer plus rapidement aux exigences du haut niveau, que ce soit sur le plan sportif, mental ou dans l’engagement que demande ce niveau de performance.
Quelles sont tes ambitions pour cette fin d’année 2026 ?
Mes ambitions pour cette fin d’année sont d’intégrer les feuilles de match des Wests Tigers et de continuer à m’entraîner afin d’être prête lorsque l’opportunité se présentera. Je souhaite également arriver dans les meilleures conditions pour la Coupe du monde, qui approche à grands pas. Après cette période, je prendrai un mois de vacances afin de récupérer physiquement et mentalement, puis de réfléchir sereinement à mes prochains projets personnels et professionnels.


