Colin Niez : « Bien sûr, l’objectif de toutes les joueuses, c’est de monter »
Colin Niez, président et entraineur des féminines du VVRL, revient sur le doublé de son équipe et évoque le XIII féminin.
Un doublé coupe/championnat de DN cette saison, est-ce que tu en espérais autant en début de saison, et comment expliques-tu cette magnifique saison ?
Espérer en début de saison faire un doublé alors qu’on est 4 ou 5 à l’entraînement, qu’on a du mal à lancer la dynamique, avec en plus une défaite à Lézignan 34 à 4… Si je disais oui, ce serait un sacré mensonge.
Je savais que j’avais un socle solide de 6 ou 7 filles volontaires pour relancer une équipe, avec déjà l’expérience de l’Élite 1. Après, expliquer cette réussite, c’est plutôt simple. Le groupe s’est étoffé, on arrivait à s’entraîner à 10 ou 11. Rajoute à ça la qualité des joueuses et l’esprit formidable de ce groupe de copines, qui aimait parcourir la France pour relever tous les défis rencontrés tout au long de l’année. La finalité est plutôt logique dans l’ensemble.
Une large victoire 60 à 18 contre Villeneuve XIII RL. Comment expliques-tu cette performance ?
On savait qu’on était meilleurs. Je ne veux pas manquer de respect à cette équipe de Villeneuve, qui a fait un très bon match et une formidable saison, mais le rapport de force physique était déjà beaucoup trop important. On a bien préparé notre match, et même si on n’a pas produit le jeu qu’on voulait montrer, on a réussi globalement à respecter le schéma. Cette année, dès qu’on respectait nos plans de jeu, on a réussi à mettre 40 points à tout le monde.
Qu’as-tu pensé de la formule du championnat et de la coupe cette saison ?
La formule est plutôt bonne, malgré un calendrier complètement pourri, où tu fais 3 matchs d’octobre à décembre, pour finir avec 6 matchs en 7 semaines entre le championnat, la coupe et les playoffs. Ce qui reste aberrant quand tu appelles ton championnat « développement »…
Après, la coupe permet de rajouter quelques matchs. C’est un trophée qu’on est allé chercher à la dernière seconde, donc on ne va pas se plaindre. On pourra juste se plaindre des 8 424 km qu’on a faits en 9 déplacements cette saison… mais c’est le jeu.
Tu entraînes les féminines du VVRL depuis plusieurs saisons. Si tu étais en face du président de la FFR XIII, que lui demanderais-tu pour promouvoir le XIII en général et le XIII féminin ?
Il me faudrait un livre pour dire tout ce que je lui dirais (rires).
Je lui dirais tout d’abord que c’est bien beau de mettre autant de moyens dans une équipe de France féminine, mais si on ne croit pas déjà en elles, et qu’on les enlève des finales à Narbonne car, pour eux, ce n’est pas assez visuel ou pas assez « de bon niveau », ça n’a aucun sens.
Je lui dirais aussi que depuis le Covid, le sport féminin se développe très bien chez nos voisins quinzistes et même dans d’autres sports. Et qu’aucun sport co ne fait payer sa licence fédérale 123 € pour jouer. Qu’aucune fédération ne freine les clubs à engager une équipe avec une cotisation de 1 000 € pour à peine 10 matchs de championnat… avec parfois (et je dis bien parfois) des arbitres.
Je lui dirais que c’est bien beau de parler de « vitrine », mais s’il n’y a personne pour la regarder, ça ne sert pas à grand-chose.
Je lui dirais également qu’on marche sur la tête quand on voit que le championnat qui a le mieux fonctionné cette année, c’est celui des minimes-cadettes… Et que hormis ce championnat et un rassemblement de comité organisé à la va-vite, il n’y a rien qui leur est proposé (comité d’origine, équipe de France, rassemblement).
Je lui dirais aussi que si la fédération a des cadres techniques, et que le XIII féminin est un objectif de développement, c’est dur de développer quand on ne voit personne pendant une année, qu’on ne reçoit aucun coup de fil. Et je ne parle pas que de mon cas.
Voilà, je lui dirais plein de choses. Mais la première, c’est que le développement ne se fait pas en rassemblant une vingtaine de filles au CREPS, en prenant 50 pions contre les Anglaises, et en mettant un match de temps en temps sur viàOccitanie.
Une montée en Élite 1 est-elle envisagée pour la saison prochaine ou est-ce encore en réflexion ?
Bien sûr, l’objectif de toutes les joueuses, c’est de monter. Mais on n’ira que si l’effectif est conséquent. On ne va pas se casser les dents avec un effectif trop court juste pour faire plaisir à tout le monde.



Clair et precis. Au moins c’est dit.