Alexandre Doutres : « On ne se sent inférieurs à personne »
Alexandre Doutres, joueur et membre du staff de Salses XIII, revient sur la défaite à Saint-Martin et évoque la fin de saison.
Alexandre, peux-tu te présenter ?
Je m’appelle Alexandre Doutres, j’ai 32 ans, je suis joueur et membre du staff de Salses XIII, mon village.
Une défaite à Saint-Martin. Que penses-tu de la performance de l’équipe ?
On a mis 20 minutes à entrer dans notre match. Comme chaque week-end, on a répondu présent dans le combat, mais une fois bien en place, on a disjoncté sur des décisions arbitrales très limites.
Dès les premières minutes, notre arrière est fauché en l’air sous un coup de pied, il bascule, mais l’arbitre, à qui je demande une explication en tant que capitaine, me dit qu’il siffle une pénalité pour hors-jeu et non pour plaquage dangereux, ce qui aurait mérité au moins un carton jaune. J’ai compris que l’après-midi allait être compliqué.
Au fil du match, les décisions ont continué à peser contre nous, même les plus litigieuses, et elles se sont répétées. Sur leur deuxième essai, la juge de touche lève son drapeau, puis le baisse avant d’aller au fond accorder l’essai. L’arbitre central a également déjugé ses arbitres de touche à plusieurs reprises. Plusieurs ballons arrachés nous sont sifflés contre nous, alors que même les joueurs adverses nous disent honnêtement que c’est eux qui ont perdu le ballon.
Je prends moi-même un carton jaune pour plaquage sans ballon, alors que je tente une interception, les yeux tournés vers le passeur, et que l’on se tamponne involontairement. Puis on sort complètement du match, avec un carton rouge et deux jaunes, finissant à 11 puis à 12 pendant plus de 30 minutes.
On ne peut rien reprocher à l’équipe sur l’envie, mais nous n’avons pas su garder notre calme. On savait qu’avec une victoire contre Saint-Martin et Toulouges, on aurait fait un grand pas vers la deuxième place, et qu’une défaite nous en écarterait presque définitivement.
Cela dit, Saint-Martin est une belle équipe et mérite amplement sa victoire.
Cette saison, vous alternez le bon et le moins bon. Comment expliques-tu ces résultats ?
Je pense qu’au début de saison, on a voulu mettre la barre trop haut en termes de jeu, et beaucoup se sont un peu perdus. Après notre défaite contre Toulouges, on a remis les choses à plat, en revenant à des bases plus simples et en insistant sur la compréhension du jeu et les détails.
L’arrivée de Milan Garcia et Bouzada nous a fait un bien fou, puis Madani un peu plus tard. Certains joueurs ont élevé leur niveau, et depuis, ça se passe bien mieux.
Toi qui as joué à différents niveaux, quelles sont les différences entre Élite 2 et DN ?
La vraie grosse différence, c’est le QI rugby. Bien sûr, je ne parle pas des top joueurs d’Élite, qui sont largement au-dessus techniquement et physiquement.
Mais sinon, on retrouve des joueurs en DN1 aussi durs physiquement que certains en Élite 1. Les contacts sont parfois rudes, et on voit des joueurs avec une vraie qualité individuelle.
La grande différence se joue sur les détails : les bases du jeu, les efforts sans ballon, la technique. Beaucoup de joueurs vont faire un gros plaquage ou une belle charge, feront lever le public et se diront qu’ils ont fait un bon match. Alors que dans la réalité, ils ont mal contrôlé leur plaquage ou oublié dix fois de couvrir l’intérieur. Les bases ne sont pas toujours là.
Depuis deux ans, on bosse beaucoup sur ça au club, et ça commence à porter ses fruits, mais c’est long de changer les habitudes.
Autre différence, la charge d’entraînement est bien moindre. Les joueurs sont moins fit, peu vont à la muscu. Pour les blessures, ils attendent que ça passe, c’est le rugby village. Mais honnêtement, je m’y plais bien.
Quelles sont tes ambitions pour la fin de saison ?
La grande différence avec l’année dernière, c’est qu’on se disait que pour être champion, il fallait que Pamiers passe à côté de son match et que nous, on en fasse un énorme. Et au final, c’est exactement ce qui est arrivé à Réalmont.
Mais cette année, c’est beaucoup plus ouvert. Tout le monde peut battre tout le monde, et on ne se sent inférieurs à personne.
Si on récupère nos blessés et suspendus, si on est au complet, alors on peut tout gagner. La Coupe et le championnat, ce sont nos objectifs.


