Laurent Garnier : « La venue d’une 17ème équipe en NRL était inévitable »
Laurent Garnier, assistant coach à Baho et expert NRL, revient sur l’arrivée des Dolphins et le début de saison des Broncos.
Laurent, peux-tu te présenter ?
Ancien entraîneur des U20 des Catalans à leur création en 2006, puis de l’ASC XIII et de Palau XIII en Elite 1.
Impliqué ensuite dans le développement des jeunes talents en Australie pour les Broncos, le Storm et les Cowboys. En parallèle, je coachais une équipe de filles depuis 2016 (Brisbane Tigers).
Actuellement tu es en France, est-ce que tu es dans un staff ?
Je suis intervenu dernièrement avec les Espoirs du Racing club de France sous la houlette de Yannick Nyanga. Actuellement assistant coach à Baho XIII en Élite 2 Française. Passionné de Rugby et de recrutement de jeunes athlètes rugbymen.
Tu as été très longtemps dans le Queensland, que penses-tu d’avoir une nouvelle équipe, les Dolphins, dans la région ?
La venue d’une 17ème équipe en NRL était inévitable et si les Dolphins de Brisbane ont décroché leur licence c’est que l’État du Queensland jouit d’un engouement toujours grandissant pour le XIII. De plus en plus de jeunes garçons et de jeunes filles jouent, supportent, et vivent rugby à XIII en Australie et en particulier dans le Queensland.
Brisbane avait besoin d’une seconde franchise et d’un vrai derby de la ville en plus des deux déjà existant avec les Cowboys et les Titans. Le bassin de Redcliffe, dans le nord de la ville, est celui qui se développe le plus rapidement économiquement et démographiquement. En plus, cela permet aux »Brisbaners » qui détestent les Broncos d’avoir une bonne raison désormais…
Que penses-tu de la construction de l’équipe ? Est-elle cohérente pour toi ?
Les Dolphins sont la 17ème équipe de NRL et bien sûr qu’il y en aura bientôt une 18eme. L’important pour la NRL est que toutes les équipes soient compétitives. Il n’était pas question de diluer les talents déjà existant dans le Queensland. Et par là créer un championnat à deux vitesses, les équipes qui jouent le titre en début d’année et les autres… Avant de choisir Brisbane, il a fallu se poser les bonnes questions ! Les finances sont-elles au rendez-vous et y a-t-il assez de talents dans la région concernée pour les développer et les emmener au haut niveau ? Pour l’instant c’est cohérent.
Après avoir vu quelques matchs, que penses-tu de leur jeu ? Et quel objectif penses-tu qu’ils puissent viser ?
Sur le terrain, les Dolphins jouent avec une confiance déconcertante. (Même si avant la pré-saison, ils ont rencontré des difficultés dans le recrutement de joueurs cadres) Quand on a Wayne Bennett aux commandes, rien n’est impossible. Il connaît le métier et ne panique jamais. Il sait très bien qu’il faut finir dans les 4 premiers en août pour prétendre au titre suprême. La saison est très longue et très éprouvante, mais avec le vieux sage Bennett dans le moteur, tout est possible pour eux. Il est le meilleur pour vous préparer dans le »money time » de la saison.
Les Brisbane Broncos font un début de saison tonitruant en étant invaincus (actuellement), jusqu’où les vois-tu aller ?
Les Bronx, après une superbe saison l’année dernière ont complètement déraillé sur la fin du championnat. Kevin Walters sait bien que cette année ils n’ont pas droit à l’erreur en phases finales. La venue des Dolphins leur a mis la pression à tous les niveaux et pour l’instant, ils assument leur rôle de patron de Brisbane.
Au sein de Treize Mondial, nous sommes un peu partagés sur le retour de Reece Walsh. Que penses-tu de ce joueur ? Jusqu’où peut-il amener Brisbane ? Et quelles sont les tendances sur ce joueur de l’autre côté de l’Atlantique.
Reece Walsh fait partie de ces talents très prometteurs à un très jeune âge et qui une fois en NRL ont quand même besoin d’une période d’apprentissage du très haut-niveau et ce qu’on leur demande en premier, c’est la constance tous les week-ends. Pas évident quand on joue meneur et que de ce fait, tu dois être au top à chaque minute du match. C’est lui qui organise, qui décide, qui donne le tempo. Alors les médias en font des tonnes sur le gamin et cela peut souvent être difficile à vivre. Pas le droit à la moindre erreur là-bas, il faut être à la hauteur du contrat signé sous peine de mauvaise publicité… De plus, en Australie, le meneur est une denrée rare donc très convoitée par tous les clubs. Walsh fait partie de la maison Broncos depuis très jeune. Ce retour doit être naturel pour lui et le club. Mais il faudra qu’il confirme très vite les espoirs que Walters a mis en lui !
Quelles sont tes ambitions futures ?
Quant à moi si je suis autour d’un stade de rugby avec de jeunes joueurs et joueuses donnant le meilleur d’eux-mêmes, je me sens à la maison !
J’ai plusieurs projets mais on pourra s’en reparler avec plaisir.


