Au feu les pompiers, la maison Broncos brûle
Edito – Entre résultats sportifs catastrophiques, démissions des cadres et mauvaise gestion des jeunes, 2021 ne s’annonce pas de tout repos à Brisbane.
Après une année 2020 cauchemardesque, tout le monde et eux les premiers attendaient la revanche des Broncos. On allait voir ce qu’on allait voir ! Changement de coach, confiance aux jeunes et relance des anciens. Tout a été promis pendant cette intersaison. Puis après, plus rien. Deux défaites logiques face aux Eels et aux titans. Et des tensions permanentes en coulisses.
Certes, il est tôt pour faire un bilan définitif après deux semaines. Et nous n’aurons aucun problème à faire un mea culpa en fin de saison si les Broncos corrigent le tir. Mais rien ne laisse présager d’une éventuelle progression… au contraire.
Des leaders totalement hors du coup
Les Broncos sont dans une situation compliquée. En 5-6 saisons, des joueurs emblématiques du club (Justin Hodges, Darius Boyd, Sam Thaiday, Corey Parker…) ont tous passé la main. Et pour les remplacer, les Broncos comptaient sur certaines individualités pour reprendre leur flambeau, à la fois sportivement et dans le leadership. Mais rien ne s’est passé comme prévu.
Souvent blessé et peu populaire parmi les anciens, Matt Lodge déçoit depuis 2 ans. Autre leader potentiel dans l’œil du cyclone, Anthony Milford. Doté du plus gros salaire de l’effectif (1 million $AUS par an), « Milf » était vu comme la future star du club et celui autour de qui l’équipe allait être construite. Une belle première saison aux côtés de Ben Hunt avec une finale à la clé mais depuis, silence radio.
Prévisible comme un mauvais lundi en attaque et invisible en défense, Milford coûte cher. Dans tous les sens du terme ! Mais peut-être plus pour longtemps. En fin de contrat à l’issue de la saison, on voit mal Milford rester au club si ses performances ne s’améliorent pas. Un départ serait néanmoins un échec pour les deux parties, tant Milford est attaché au club et tant ce dernier a investi sur lui. Aussi bien financièrement que sportivement.
Last but not least, Payne Haas. Rare Bronco à avoir mis un pied devant l’autre en 2020, Haas devait être un des principaux artisans de la reconstruction cette année. Mais voilà, le pilier s’est embrouillé avec des policiers lors de l’intersaison. Une nouvelle frasque qui n’est pas passée. Suspendu 3 matchs et condamné à 50 000$AUS d’amende, Haas a terni son image. En plus de cette « cassure morale », l’impact du pilier sur les terrains manque cruellement à ses coéquipiers. Son absence évitable fait défaut à son club.
Le péril jeune
Ils étaient vus comme la solution. Mais les jeunes pousses des Broncos pourraient eux aussi être une partie des problèmes du club. Jadis terre d’accueil privilégiée des bons jeunes australiens, les Broncos n’ont aujourd’hui plus la cote.
Pur produit de l’académie du club, David Fifita (Gold Coast Titans) est déjà parti. Une autre jeune pépite va suivre ses traces puisque l’arrière Reece Walsh s’est déjà engagé avec les New Zealand Warriors pour 2022. Et ces départs sont sans doute les premiers d’une longue série. Tous en fin de contrat, le demi Thomas Dearden, l’ailier Xavier Coates, le centre Kotoni Staggs et le deuxième ligne Brendan Piakura pourraient eux aussi rebondir ailleurs.
Cette vague de départs potentielle est inquiétante. Il est difficile de réussir une reconstruction sans bons jeunes. Et pire encore sans leaders déjà établis, ou en passe de le devenir.
En résumé…
Selon moi, la période de vaches maigres ne fait que commencer. Mauvais sur le marché des transferts et incapables de garder ses jeunes, les Broncos vont avoir du mal à se reconstruire rapidement. Habitués aux succès, les fans vont sans doute découvrir les échecs.


