Investissement de la NRL : La Super League, ce petit frère dépensier qui ne comprend pas qu’on veut l’aider
Alors que les rumeurs vont bon train depuis des mois, voire plus, une proposition de la NRL est enfin tombée, mais la Super League ne comprend pas.
Les discussions durent depuis des mois, des années même. On peut dater les prémisses du rapprochement entre les deux seuls championnats professionnels de XIII au monde des premières rencontres à Las Vegas en 2024. Depuis, et après deux années de succès, un investissement de la NRL dans la Super League était sur toutes les lèvres. Des dirigeants de clubs de Super League en ont parlé, les têtes pensantes de la NRL en ont parlé, forcément le monde du XIII en a parlé, journalistes, commentateurs, passionnés. Mais nous, nous n’en avons pas parlé. Pourquoi ? Tout simplement parce que de tout ce brouhaha, rien, vraiment rien de concret ne sortait. Au mieux des suppositions, plus ou moins farfelues et la plupart du temps orientées. Mais alors que veulent chacune des parties ?
La Super League veut de l’argent
Pour la Super League, ça a l’air simple, ils veulent de l’argent. Et encore le « ils » est compliqué à estimer tant les intérêts de Wigan ou Warrington diffèrent de ceux de Huddersfield ou Castleford. Mais globalement, avec les dernières informations, cela se confirme. La NRL a fait une proposition de 31 millions de pounds sur 5 ans avec une prise de participation de 10 % par an, pour finalement être décisionnaire au bout du deal. Rien de significatif en apport financier avec 6 millions de pounds par an, soit moins de 500 000 par club. Proposition jugée insuffisante par le XIII anglais qui a donc demandé plus d’argent pour moins de prise de pouvoir. Car la Super League voit à court terme, et pense qu’elle est en manque d’argent pour payer ses joueurs et remplir ses stades. Mais quelle est la stratégie précisément ?
La NRL veut du pouvoir
La NRL veut du pouvoir, du retour sur investissement à court terme et une Super League saine sur le long terme. Avec le peu que nous savons, et vu les timings, il semble que la NRL espérait pouvoir faire une proposition à la Super League avant les négociations des droits TV. Ceux de la NRL et ceux de la Super League. On peut supposer qu’un package complet aurait pu faire gonfler légèrement la facture déjà très très salée et obtenir la diffusion de matchs de Super League dans l’hémisphère sud. Les médias australiens se seraient chargés de créer des émissions, des podcasts et autres produits médias autour de la Super League : retour sur investissement à court terme. La prise de pouvoir décisionnaire, elle, servirait à amener leur expertise et à faire que « l’entité Super League » génère assez d’argent et de notoriété pour soulager et faciliter la vie des clubs.
Le petit frère dépensier
Et voilà la théorie du petit frère dépensier. Il a un travail, gagne de l’argent mais en dépense plus qu’il n’en gagne et en achetant n’importe quoi. Alors oui, on peut lui faire un virement tous les mois, c’est ce qu’il réclame. Mais l’année prochaine il faudra probablement faire un plus gros chèque encore, et encore, et encore. Alors que la véritable solution est de lui confisquer sa carte bleue, de l’accompagner dans ses dépenses, de lui apprendre à cuisiner plutôt qu’à commander tous les soirs et de l’aider à trouver un job mieux payé. Pour lui, ça a l’air contraignant, envahissant et on ne lui donne pas assez d’argent, mais n’est-ce pas la meilleure solution ? Cela ne vous rappelle rien ?
Le produit est là : le jeu, les joueurs, les stades et une base de supporters. Les mains sont là : dirigeants, ex-joueurs, passionnés. Il ne reste plus qu’à ajuster. Et par ajuster, il faut probablement du changement dans l’organisation, le nombre de matchs, le nombre de clubs, et d’autres choses qui font peur au petit frère dépensier. Mais les mêmes actions produiront les mêmes effets et on ne peut pas espérer tout changer avec la simple injection de nouveaux billets.
Vers un statu quo ?
La Super League n’a pas l’air prête. Globalement l’Europe n’est pas prête à gérer le sport à « l’américaine », en l’occurrence à l’australienne. Une gestion dans laquelle le produit, c’est le championnat, et dans laquelle les clubs sont des partenaires sur et en dehors du terrain pour proposer un produit de qualité, chaque week-end, sur chaque stade, dont les profits sont pour tout le monde.
Si aucun accord n’est trouvé, les meilleurs joueurs de Super League iront en NRL. L’Europe récupérera des préretraités, des jeunes en formation et des joueurs qui n’ont pas su se faire une place dans la grande NRL. Et cela profitera à l’équipe nationale d’Angleterre tout de même. Un peu comme la NBA, qui, depuis qu’elle s’est internationalisée, a fait progresser l’ensemble des nations. Mais le basket « de clubs » en Europe reste plus confidentiel et surtout perd de l’argent.
Super League, il n’est pas trop tard, prenez le virage de la ligue fermée, du sport entertainment, vous avez le sport parfait pour cela.



C’est peut-être l’occasion rêvée pour le 13 français d’entrer en négociation avec la Nrl. Pourquoi le super 13 ne sortirait pas, tout ou partie, du giron de la fédération pour passer aux mains d’un actionnariat privé ( nrl et autres). Ce nouveau super 13 pourrait très rapidement challenger la superleague.
C’est bien ce à quoi je faisais allusion … fusions des clubs de S13 là où c’est nécessaire, création là où nécessaire création là où c’est stratégique , être attractif pour ceux qui veulent sortir le la M62 tout en étant sexy pour des actionnaires, 30 M€ c’est beaucoup d’argent à XIII …
Je suis d’accord pour que le Super XIII ne soit plus géré par la fédération française qui depuis quelques années n’est clairement pas capable d’organiser ce championnat. En ce qui concerne la NRL comme investisseur en France,ce serait le rêve. Le championnat serait encore plus de grande qualité. Le seul bémol viendrait du fait que nous n’avons pas assez de jeunes dans les écoles de rugby à XIII pour voir nos petits français jouer à un très grand niveau. Notre réserve en effectif est très faible. Si investisseur il venait à y avoir,il faudrait mettre le paquet sur les écoles… Lire plus »
La NRL ne voudra pas investir de l’argent dans le Super 13 car ce serait le jeter par les fenêtres. Rien n’est proche chez nous d’un championnat professionnel, ni le vivier, ni les clubs, ni les infrastructures, ni le public. Continuons de travailler si tel est vraiment l’objectif puisqu’aucune règle n’a été fixée pour l’atteindre.
Merci Treize Mondial pour cet excellent article de fond. On a l’impression que cet adage anglophone va se réaliser encore une fois: « Rugby League never miss an opportunity to miss an opportunity. » La stratégie de la SL a toujours oscillé entre deux identités : une NFL européenne et la première division pro anglaise. Au final, nous avons plus été une politique du « en même temps » bloquée entre ses contradictions. Rappelons nous les effets d’annonce en 1995 : une ligue pan-européenne fermée avec des clubs anglais qui auraient fusionné, plus Paris, Toulouse, Milan, Barcelone ! Au final, on avait eu une division… Lire plus »
Une question m’intéresse: est ce qu’avec un apport 31 M de pounds /5ans on peut monter un championnat tout neuf ? Par exemple Londres / Pays de Galle / Toulouse / Perpignan / Paris + 2 ex Super League ? Avec une organisation sur mesure, ligue fermée , formation, Draft les meilleures pratiques du monde en sport pro concentrées . Côté média ouverture du capital au partenaire diffuseur (avec grande vigilance) … la guerre NRL / ARL a débouché sur une très belle réussite !
Bonjour
Avant de parler d’argent, même si ça va de pair, parlons PROFESSIONNALISATION ET SPECTACLE.
Le fond du problème est là
le rugby c est pas du spectacle c est du combat
La professionnalisation coûte de l’argent, le spectacle est censé en rapporter. Encore faut-il savoir le créer et le valoriser.
Créer un championnat n’est pas vraiment un problème. Il faut qu’il soit viable financièrement et pas grâce à de l’argent australien. Il faut donc pouvoir attirer sponsors et médias pour financer. Et retombées pour la NRL, notamment avec la diffusion. Si compétition parallèle il doit y avoir, ce serait avec une ossature de gros clubs de SL et peut-être 1 ou 2 nouveaux mais pas l’inverse.
Les retombées pour la NRL (la SL, ou n’importe quel investisseur) ne peuvent être qu’une perspective de plus value à terme car Vs NRL ou SL SXIII part de beaucoup trop loin pour envisager des retombées (+value ou revenus)immédiates qui justifieraient un investissement. Il faut donc créer un modèle adapté complémentaire ou concurrentiel à la SL, me semble une bonne question.